Promotion profilée au fil de l’eau

Blog Histoires d’universités en France et en Italie | 20 novembre 2010 | blog de Pierre Dubois
mercredi 24 novembre 2010
par  antonin
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Source de la chronique : GoogleGroup des sociologues de l’enseignement supérieur. Encore une histoire de sociologues. Hélas ! Il y a eu, l’an dernier, l’histoire des auto-promotions au sein de la 19ème section du Conseil national des universités, la démission de 2/3 des membres de la section qui s’en est ensuivie, leur remplacement par des collègues cooptés, ce qui a rendu la section 19 illégitime (cliquer ici). Ce qui a permis à Michel Maffesoli de publier une sottie immonde “Notes sur la grippe cochonne” (cliquer ici). Il y a eu aussi l’affaire de Strasbourg, celles des deux postes de sociologie mis au concours et pour lesquels les propositions des comités de sélection ont été annulées par le CA de l’université (cliquer ici). Il y a maintenant une affaire de Grenoble. Il ne manquerait plus qu’il y ait bientôt une affaire de sociologue plagiaire. La sociologie, à force d’évènements de ce type, se décrédibilise chaque jour qui passe. Chronique d’une mort annoncée ?

Sept sociologues de Pierre Mendès France (UPMF Grenoble) contestent, dans une lettre adressée le 18 novembre 2010 au Président de leur université, Alain Spalanzani (photo ci-contre), la publication, “au fil de l’eau”, d’un poste de professeur en Socio-Anthropologie de la Culture (annonce du recrutement sur le site UPMF). J’ai déjà publié sur ce blog une chronique critique sur les concours dits “au fil de l’eau”.

La contestation des collègues de Grenoble s’appuie sur trois points. 1. “La définition du poste mis au concours n’a fait l’objet d’aucune discussion collective au sein du département de sociologie ni a fortiori dans le périmètre plus large de l’université”. 2. “Les enseignants-chercheurs n’ont même pas été informés de la publication du poste. Aucune allusion n’y a été faite lors de notre réunion [du 20 octobre], ni par vous-même, ni par le directeur du département de sociologie, ni par le directeur du laboratoire EMC2“. 3. “L’intitulé du poste “socio-anthropologie de la culture” est défini d’une manière beaucoup plus restrictive dans le profil détaillé (cliquer ici). Nous lisons que le candidat devra être un spécialiste de “socio-anthropologie du travail et des religions” (sic), un spécialiste de sociologie urbaine, ville, territoire, environnement”, des “identités et du symbolique” et des ”méthodes qualitatives”. Le candidat devra en outre avoir exprimé “sa maîtrise des méthodes en sciences sociales sur des terrains exotiques (p.2). Il n’existe, à notre connaissance, aucun candidat susceptible d’avoir un profil aussi éclectique, sinon l’actuel directeur du département lui-même“.

Le nom du directeur du département de sociologie figure plus bas dans la lettre des contestataires : il s’agit de Serge Dufoulon. Le CV de celui-ci figure en ligne sur le site du département : cliquer ici. Les disciplines enseignées par Serge Dufoulon et ses thèmes de recherche correspondent presque exactement au profil du poste ouvert au recrutement. Il faut lire et comparer les deux documents pour le croire. Comment peut-on oser, sans vergogne, ouvrir un concours ad hominem ? Comment peut-on organiser une promotion locale au grade de professeur en bidonnant un concours de la fonction publique ?

Les sept signataires de la lettre au président Spalanzani lui demandent de “suspendre le concours, le temps qu’un profil soit redéfini dans le respect de la collégialité et de l’esprit d’ouverture soutenus par la présidence lors de la réunion du 20 octobre 2010″. Les candidatures au concours sont closes depuis hier : les sociologues de Grenoble sauront donc rapidement si Serge Dufoulon a déposé un dossier. Imaginons que le président ne suspende pas le concours, que soit organisé le comité de sélection, que ce comité propose Serge Dufoulon au recrutement, et que le CA avalise cette décision sans qu’Alain Spalanzani n’use de son pouvoir de veto. S’opposerait-il d’ailleurs au recrutement puisqu’il a déjà couvert la première partie de la procédure en laissant afficher un profil ad hominem ? Je ne peux croire quand même qu’un spécialiste de la gestion d’entreprise commette un acte aussi évidemment illégal en matière de recrutement dans la fonction publique.

Président Spalanzani, suspendez le concours et faites redéfinir le profil du poste pour offrir des chances égales à un plus grand nombre de candidats de qualité ! Ne prenez pas le risque d’être qualifié, par les personnels de votre université et par vos collègues présidents, de copinage, de clientélisme, de localisme, d’autoritarisme, ou encore d’irresponsabilité. Il y a mieux à faire pour vous : réussir la fusion des universités de Grenoble.


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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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