... quand il faut payer pour communiquer !

mercredi 8 octobre 2008
par  Anonyme
5 votes

Les colloques deviennent payants, y compris pour les intervenants

Je suis tout jeune docteur en géographie, actuellement chômeur, et cela fait le 2e colloque en 6 mois auquel je communique et qui m’oblige pourtant à PAYER :

  • mon transport !
  • mon hébergement !
  • mes repas !
  • mes frais d’inscription (qui dépassent parfois la centaine d’Euros) !

Tous ces frais se montent rapidement à + de 300 Euros, lorsque le colloque se déroule dans une autre région française. Je ne parle même pas des colloques à l’étranger...

A moins de pratique l’auto-stop, se nourrir de navets et dormir sous les ponts, je ne vois pas comment un chômeur (et dieu sait qu’il y en a parmi les docteurs) peut communiquer à un colloque.

Dernière solution : que le laboratoire où il a soutenu sa thèse accepte de rembourser au moins en partie ses frais au jeune chercheur. C’est la solution que j’ai pu adopter jusqu’à maintenant. Mais jusqu’à quand ???

Un copain MCF m’a dit que la tendance actuelle était justement à supprimer toute prise en charge financière pour les intervenants. Est ce vrai ?

Si oui, n’y a t-il pas là matière à mobilisation ? Sous forme de pétition, lettre ouverte, occupation, voire même de "grève des communications" (ils auront l’air cons, les organisateurs, sans les jeunes chercheurs !)

Communiquer à un colloque, c’est rendre PUBLIC les résultats de sa recherche et, pour un jeune docteur sans poste, le meilleur moyen de se faire connaître et de faire connaître ses travaux. Si on accepte de payer pour cela, autant dire adieu à la recherche publique, non marchande, ouverte et libre (remarquez, ces temps, elle se fait de + en + rare)

Merci à tous pour vos remarques

Salutations

Tonio



Commentaires

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mercredi 25 mars 2009 à 17h54 - par  Jullien

Hélas, le phénomène des colloques payants - y compris pour les intervenants - semble prendre une réelle ampleur, du moins en sciences humaines...

Jeune docteur moi-même (en sciences du langage), je ne peux pas m’offrir le luxe de communiquer aussi souvent que je le souhaiterais.

Cet état de fait est d’autant plus alarmant que les colloques ont souvent lieu à l’étranger. Le dernier en date qui m’aurait intéressé a lieu à... Damas (Syrie) !!!

A ces frais doivent également s’ajouter le temps passé à préparer la communication, ainsi que les éventuels supports.

Bref ! On nage en plein délire et beaucoup de jeunes docteurs ne peuvent pas être publiés pour ces raisons.

Je viens par ailleurs de recevoir mon dossier justifiant ma non-qualification aux fonctions de MCF.
Motif du CNU : "Publications insuffisantes" !!!!!

Comme tu le dis, un jeune docteur ne roule pas souvent sur l’or. Personnellement, malgré mon doctorat en poche, je bosse depuis deux ans comme... maçon !

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jeudi 16 octobre 2008 à 16h23 - par  Avrel

Moi ce qui me scandalise c’est l’absence de réaction de la majorité des chercheurs à la précarité généralisé dans le milieu.

Le fait de payer pour travailler c’est très répandu mais quant en plus tu es dans la dèche ça deviens vraiment obscène.

A part ça le mérite et la sélection fonctionnent à plein...

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mercredi 15 octobre 2008 à 07h02 - par  MLIKA

SALUT

je suis vraiment choqué et scandalisé par votre histoire...Ce qui me scandalise le plus ce sont les promesses non tenues de beaucoup de nos chères académiciens....

Mlika
docteur en philosophie au chômage

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mercredi 8 octobre 2008 à 14h50 - par  Avrel

Cher Ami

les organisateurs n’aurons pas l’air con, ils se contenterons de faire venir leurs amis mandarins défrayés et payés (eux).

Et après, on te dira : "mais vous n’avez pas publié et communiqué depuis deux ans ?"

A part ça, il y a encore des gens pour nous parler de sélection au "mérite"

Le travail payant des chercheurs précaire est un gros tabou.

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Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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