Les facteurs d’insertion des diplômés

Blog Histoires d’universités en France et en Italie | 23 octobre 2010 | blog de Pierre Dubois
lundi 1er novembre 2010
par  antonin
2 votes

Cette chronique recense les facteurs explicatifs de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés du supérieur : niveaux et types de diplôme, conjoncture économique, structure des emplois et des recrutements, caractéristiques individuelles des diplômés. Elle mobilise les données des enquêtes nationales et celles de l’OFIPE de Marne-la-Vallée, observatoire dont j’ai été le directeur de 1999 à 2004.

Les résultats de la première enquête nationale sur le devenir professionnel en 2010 des diplômés de masters obtenus en 2007 (enquête DGESIP) vont-ils contredire une vérité qui semblait définitivement établie ? Il était vérifié en effet, dans toutes les enquêtes antérieures, que les diplômés du supérieur connaissaient un devenir professionnel meilleur que les diplômés d’un niveau d’études inférieur, que ceux de l’enseignement supérieur long connaissaient une meilleure situation que ceux de l’enseignement supérieur court. Avoir réussi des études supérieures longues représentait le meilleur atout sur le marché du travail.

Or qu’indique l’enquête DGESIP ? Le taux de chômage des diplômés du supérieur long (diplômés de master) était de 8,6%, 30 mois environ après l’obtention du diplôme, soit un taux de 2,6 points supérieur à celui observé pour les diplômés 2004 enquêtés au 1er semestre 2007. En 2007, le taux de chômage des diplômés 2004 de DUT, de BTS, de licence professionnelle était de 7% (enquête CEREQ, Génération 2004). Quel est le taux de chômage en 2010 des diplômés qui ont obtenu leur diplôme professionnel en 2007 ? L’enquête Génération 2007 du CEREQ le dira : hélas, les résultats n’en seront publiés qu’au début de l’année prochaine. En Italie, les enquêtes Almalaurea de ces dernières années ont révélé que les diplômés de 3 ans d’études (laureati) gagnaient davantage en début de vie professionnelle que les diplômés de 5 ans d’études http://www.almalaurea.it/fra/.

Ce bouleversement de la hiérarchie des diplômes universitaires sur le marché du travail est-il en train de se produire en France ? Certes, le taux de chômage de l’enquête DGESIP n’est peut-être pas le taux réel, car le taux de réponses est à peine supérieur à 60%. Toujours est-il que les taux de chômage révélés par d’autres enquêtes sont en hausse pour les diplômés 2009 du supérieur par rapport à ceux des promotions précédentes : enquête APEC 2010 ; enquête AFIJ. L’OFIPE vient de mettre en ligne les résultats de ses enquêtes sur les diplômés 2007 de l’université, diplômés de licence professionnelle et de master. 18 mois environ après l’obtention du diplôme, deux des critères d’insertion sont meilleurs chez les diplômés de licence professionnelle que chez les diplômés de master : taux de chômage de 8% contre 14,6%, taux de contrats stables de 83% contre 79%. Les masters conservent cependant un avantage salarial : salaire mensuel net (salaire médian : 2.040 euros contre 1.680).

En France à la différence de l’Italie, demeure, pour le diplômé, l’assurance, encore fortement ancrée dans les représentations sociales, d’un lien entre le titre obtenu et l’emploi occupé, l’assurance d’une hiérarchie des titres (un bac +5 "vaut" plus qu’un bac +3 qui lui-même "vaut" davantage qu’un bac). Par ailleurs une question est de plus en plus souvent posée, pour combien de temps encore, l’école va-t-elle jouer le "rôle d’ascenseur social", permettre aux jeunes diplômés issus des classes populaires une mobilité sociale ascendante ? Ceux-ci ne sont-ils pas les premiers affectés par le chômage, la précarité, le déclassement ?

La période qui suit l’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur est complexe et s’est complexifiée au cours des 35 dernières années, à ce point qu’on parle déjà dans les années 90 de phase de transition professionnelle. Beduwé et Cahuzac identifient par exemple 18 trajectoires professionnelles au terme d’une classification automatique des trajectoires individuelles. Les enquêtes d’insertion professionnelle, en France et en Italie, distinguent le rapport à l’emploi des diplômés (emploi, chômage, inactivité, reprise d’études) et la nature de l’emploi qu’ils occupent (contrat de travail, qualification, salaire, autres conditions de travail).

 Impact des niveaux et des types de diplôme

Selon les pays, deux à quatre caractéristiques du diplôme sont retenues pour rendre compte de l’insertion  : le niveau de diplôme (diplôme court ou diplôme long, diplôme de 1er, 2ème, 3ème cycle), le type de diplôme (diplôme général ou diplôme professionnel ; cette distinction n’existe pas totalement en Italie), le contenu du diplôme (la discipline enseignée ; les données sont plus nombreuses en Italie qu’en France), l’institution de délivrance du diplôme (seules les universités délivrent des diplômes en Italie ; en France, les écoles d’ingénieurs et les écoles de commerce, indépendantes des universités, délivrent aussi des diplômes).

Que deviennent les bacheliers entrés dans l’enseignement supérieur et qui en sortent sans avoir obtenu un diplôme universitaire ? Les étudiants entrés dans l’enseignement supérieur et sortis sans diplôme, eu égard aux diplômés de 1er cycle, sont, au moment de l’enquête, bien plus souvent au chômage (taux de chômage supérieur à 10%), ont plus souvent des contrats précaires, accèdent moins aux professions intermédiaires et aux fonctions de cadres, ont des salaires moins élevés ; les écarts sont chaque fois importants. En second lieu, les résultats confirment qu’un passage par l’enseignement supérieur sans obtention d’un titre ne donne un atout par rapport aux bacheliers que pour les étudiants qui ont commencé un DUT ou un BTS.

Plus le diplôme est de niveau élevé, plus la situation d’emploi est bonne… sauf en Italie ? C’est ce lien qui est peut-être battu en brèche par les observations de l’enquête nationale DGESIP.

Plus le diplôme est de type professionnel, scientifique ou à vocation industrielle, plus la situation d’emploi des diplômés est bonne. Les diplômés titulaires d’un diplôme professionnel ont, en amont de leur entrée sur le marché du travail, des avantages sur les titulaires d’un diplôme général : ils ont été sélectionnés à l’entrée, ont de meilleures conditions d’études, ont acquis une expérience professionnelle significative (stage de longue durée obligatoire). Ces avantages de départ se retrouvent-ils à l’arrivée, sur le marché du travail ? La réponse à la question est globalement positive.

Un net avantage est observé pour les titulaires d’un bac+5, obtenu dans une école d’ingénieurs ou dans une école de commerce ; exercent une influence, dans ce cas, la performance et la renommée d’institutions, distinctes des universités. Les titulaires d’un diplôme d’école d’ingénieurs ou de commerce sont gagnants sur tous les tableaux.

Des différences d’insertion professionnelle selon les disciplines du diplôme. Cinq ans après l’obtention de la Laurea italienne, les disciplines clivent très nettement les taux de stabilité dans l’emploi, les niveaux de salaire et la durée du travail. Avantage aux diplômés d’ingénierie. En France, les diplômés de sciences et techniques et les diplômés des spécialités industrielles ont globalement un meilleur devenir professionnel que les diplômés des lettres, sciences humaines et sociales et que les diplômés des spécialités tertiaires, et cela quel que soit le niveau de diplôme.

Des différences d’insertion professionnelle selon les universités, et ce à diplôme et champ disciplinaire équivalents. En Italie, des écarts de taux de chômage de 1 à 4. L’enquête DGESIP établit également des différences de taux de chômage entre universités pour les titulaires de diplômes des mêmes disciplines.

 Impact de la conjoncture économique et de l’évolution de la structure des emplois

En France, dans le cadre de la planification à la française, a été créée une nomenclature des niveaux de formation et d’emploi, établissant une liaison objective et subjective entre le titre (le diplôme) et l’emploi : un diplômé du supérieur long s’attend à ne pas connaître de chômage, à avoir un contrat de travail stable et le statut de cadre, à percevoir un salaire élevé. Cette situation favorable demeure celle de la majorité des jeunes diplômés du supérieur long. Si la dégradation relative des conditions d’emploi de ces jeunes diplômés, observée ces années récentes et peut-être confirmée par l’enquête DGESIP, se poursuit, il pourrait ne plus en être ainsi dans les années à venir. Pourquoi cette dégradation relative ?

Effet de la conjoncture économique tout d’abord. Une faible ou une absence de croissance se répercute sur l’emploi. Les jeunes sont plus exposés à la conjoncture que les adultes ; ils sont les premiers touchés par un retournement de celle-ci. Mais, les jeunes diplômés du supérieur étaient jusqu’ici moins exposés à la conjoncture que les autres jeunes sortants (Génération 2004). Effets de génération : des générations de jeunes arrivent sur le marché du travail dans une conjoncture plus ou moins bonne ; les diplômés 2008, 2009 et 2010 sont particulièrement touchés ; on pouvait penser que les diplômés 2007 (ceux de l’enquête DGESIP) l’avaient été moins. Une hypothèse pour expliquer leur taux de chômage de 8,6% au début de 2010 : une partie de ceux recrutés en contrat précaire n’ont pas vu leur contrat renouvelé.

La conjoncture n’est pas le seul facteur économique qui impacte le devenir professionnel des diplômés. L’évolution de la structure des emplois est favorable aux diplômés du supérieur long. Le nombre de cadres dans la population active a progressé et progresse ; de plus, la part des diplômés du supérieur long dans l’ensemble de ces professions croît régulièrement (des diplômés deviennent cadres et remplacent des cadres âgés non diplômés).

Il y a 4 ou 5 ans, on pouvait estimer à environ 80.000 le nombre annuel de recrutements de diplômés du supérieur long débutants dans des fonctions de cadres. Ce nombre était-il suffisant pour absorber le flux de diplômés arrivant sur le marché du travail ? La réponse était déjà non. Le fait le plus marquant de la période est en effet une croissance ininterrompue et importante du nombre de diplômes délivrés à bac+5 (diplômes du supérieur long) : +35 % de 1990 à 1995, +20 % de 1995 à 2000, +27 % de 2000 à 2003 ; 125.600 diplômes de bac+5 ont été délivrés en 2003, plus de 145.000 en 2008 (http://media.education.gouv.fr/file...).

Le déséquilibre entre la demande et l’offre d’emploi au niveau Cadre débutant est patent et ne pourra que s’accentuer [1]. Ce déséquilibre explique certainement la dégradation relative observée sur le marché du travail : diminution du taux de cadres (et donc déclassement objectif des diplômés du supérieur long dans un statut de profession intermédiaire ou d’employé), du taux de contrats de travail stables, du salaire perçu. Cette dégradation fait cercle vicieux  : dégradation du marché du travail, allongement des études, accroissement du nombre de diplômés du supérieur long, renforcement de la dégradation du marché du travail, progression des effectifs de diplômés en file d’attentes .

Le déséquilibre, source de chômage, est particulièrement fort dans certaines familles professionnelles de cadres, y compris dans les familles dont l’emploi croît, dans les familles qui embauchent des jeunes débutants diplômés du supérieur. Les marchés du travail sont en effet segmentés et se différencient par leur taux d’accueil de débutants : les marchés professionnels à intégration réglementée et à flux de diplômés maîtrisés (le marché des enseignants et des médecins par exemple) sont ouverts aux débutants ; les marchés internes d’entreprise (promotions internes et exclusion sélective des débutants) obligent à occuper des emplois de départ non cadres ; les marchés externes mettent en compétition généralisée débutants et actifs expérimentés.

Ainsi, en dépit d’un taux significatif de croissance de l’emploi cadre, d’un nombre important d’embauches de jeunes débutants, le taux de chômage est élevé chez les Informaticiens cadres. La famille Professionnels de la communication et de la documentation employait, il y a environ 5 ans, de plus en plus de jeunes cadres diplômés du supérieur long, embauchait près de 5.000 débutants par an, mais près de 25.000 titulaires d’un diplôme égal ou supérieur à bac+3 étaient à la recherche d’un emploi. La multiplication des diplômes en informatique et en communication n’est pas sans produire de dégâts.

Moins d’offres d’emploi proposées aux débutants que de demandes d’emploi émanant des jeunes sortants de l’enseignement supérieur long, progression du taux de chômage, diminution du taux de contrats stables et du taux de postes de cadres, diminution du salaire perçu… Évolution inquiétante pour les diplômés du supérieur.

 Impact des caractéristiques individuelles des diplômés. Devenir professionnel meilleur pour les hommes, les enfants de cadres et les bacheliers scientifiques

L’enquête de la Mission Education Economie Emploi, enquête déjà ancienne, insistait sur un des points forts des écoles d’ingénieurs. La sélection rigoureuse à l’entrée "garantit les grandes capacités intellectuelles des élèves et leur permet d’acquérir des méthodes de travail, de la rigueur, des capacités pour gérer le stress... Dans les critères de recrutement, au-delà des diplômes et des niveaux, les variables personnelles sont essentielles : capacité d’adaptation, d’écoute, de dialogue, de travail en équipe, autonomie, qualités relationnelles". Ces variables personnelles sont-elles socialement marquées ? On sait en tous cas que la sélection à l’entrée des écoles d’ingénieurs a pour résultats de rendre tout à fait originale la population de leurs élèves : ce sont majoritairement des hommes, des étudiants d’origine sociale élevée et possédant un baccalauréat général scientifique.

L’influence de ces trois caractéristiques individuelles (sexe, origine sociale, type de baccalauréat) avait été étudiée et systématisée pour la première fois dans le cadre des travaux du GTES (Groupe de Travail sur l’Enseignement Supérieur), animé par le CEREQ au début des années 2000 (Martinelli, 2001) : toutes choses étant égales par ailleurs, ces caractéristiques influencent l’insertion professionnelle. Connaissant l’incidence de ces caractéristiques sur l’insertion, les responsables de diplôme seraient-ils tentés d’en tenir compte au moment de la sélection des candidats (recruter surtout des hommes, fils de cadres et titulaires d’un baccalauréat scientifique) ? A ma connaissance, il n’existe pas d’analyses ayant comparé les caractéristiques sociodémographiques des candidats à l’inscription et de ceux admis à suivre de telles études.

Premier facteur : le sexe. Les femmes sont minoritaires chez les cadres. Il y 5 ans environ, le taux de féminisation des familles professionnelles de cadres variait en effet de 5% (cadres du bâtiment et des travaux publics) à 57% (professionnels de la communication et de la documentation) ; la progression du nombre de femmes cadres a cependant été plus rapide que celle des hommes au cours de la décennie 1990 (Dares). A égalité de niveau de diplôme supérieur et d’origine sociale, les femmes ont un moins "bon" emploi que les hommes. Elles sont enfin moins favorisées du fait de leur accès moindre aux formations les plus "payantes" sur le marché du travail (formations scientifiques, filières de sciences et technologie, sciences pour l’ingénieur). Toutes les enquêtes, tant nationales que locales, notent ainsi un différentiel de salaire en défaveur des femmes et ce quels que soient le niveau de formation et la discipline du diplôme (http://www.cereq.fr). Une enquête de Paris VI (Piccinni, 2001), portant sur l’insertion des DEA et DESS scientifiques, montrait un lien étroit entre taux de féminisation des formations et qualité de l’insertion : les filières les plus masculinisées (informatique, mécanique, électronique, physique, mathématiques) avaient une meilleure insertion que les filières les plus féminisées (chimie, sciences de la terre, sciences de la vie). A Marne-la-Vallée, les formations scientifiques à bac+5 produisaient plus de 75% de diplômés hommes alors que les autres formations des autres disciplines produisaient à peu près autant de diplômés hommes que de femmes ; dans le premier cas, les débouchés étaient meilleurs. Ces données permettent de faire l’hypothèse d’un effet structurel "sexe", toutes choses étant égales par ailleurs.

Deuxième facteur : l’origine sociale. Les diplômés de l’enseignement supérieur longs sont bien plus nombreux que les diplômés du cycle licence à avoir une origine sociale élevée : plus de 50% d’entre eux ont un parent "cadre" (20% ont deux parents "cadres"). Plus l’étudiant a une origine sociale élevée, plus il a de chances de faire des études supérieures longues. Sachant par ailleurs que, à égalité de diplômes, les fils de cadres diplômés du supérieur ont une meilleure insertion professionnelle que les fils d’ouvriers (Galland, 1998), le fait que la part des fils de cadres soit relativement importante dans la population des bac + 5 renforce mécaniquement les chances pour la population globale d’avoir une bonne insertion.

Troisième facteur : le type de baccalauréat. Au niveau national, les diplômés de bac+5, titulaires d’un baccalauréat scientifique, ont une meilleure insertion que les diplômés titulaires d’un baccalauréat littéraire. Les premiers sont moins souvent au chômage, ont plus souvent un emploi stable, accèdent plus nombreux à la catégorie cadre et ont en conséquence un salaire plus élevé. Plus les diplômes de bac+5 ont un recrutement de bacheliers scientifiques, plus l’insertion de leurs diplômés doit être bonne. C’était le cas à Marne-la-Vallée et ceci y explique aussi la bonne insertion d’ensemble : le taux de bacheliers scientifiques y est proche de 90% dans les masters scientifiques et il est également d’1/3 dans les autres masters.

A l’impact de ces 3 caractéristiques individuelles (sexe, origine sociale, type de baccalauréat) sur le devenir professionnel des diplômés du supérieur, il faudrait pouvoir ajouter l’impact d’autres caractéristiques susceptibles de renforcer les difficultés d’accès à l’emploi, d’être des supports de discriminations : l’origine raciale ou ethnique, l’état de santé, le handicap, l’orientation sexuelle, la religion ; la protection de la vie privée empêche heureusement de collecter ces données. Les discriminations peuvent être prouvées ou questionnées par d’autres enquêtes. L’Observatoire des inégalités a ainsi démontré que le diplôme du supérieur protégeait moins du chômage dans les zones sensibles que dans les autres (http://www.inegalites.fr/spip.php?p...).

Les conditions d’études influencent-elles telle ou telle dimension de l’insertion des diplômés ? On s’est interrogé par exemple sur l’impact sur l’insertion de la mobilité internationale en cours d’études (infra : annexe).

En guise de conclusion provisoire. Les rapports, les annonces politiques, les mesures prises et les réalisations mises en œuvre, tant dans le domaine de l’orientation (chronique : Pitte l’orienteur), que de l’emploi pour les jeunes (chronique : Plan d’emploi pour les jeunes) et de la préparation à l’insertion professionnelle (chroniques sur les BAIP) sont l’arbre qui cachent la forêt. Le problème des jeunes, d’une partie de plus en plus importante des diplômés du supérieur, n’est pas prioritairement un problème d’orientation et de préparation à l’emploi, c’est d’abord un problème d’emploi. Les employeurs ne recrutent pas suffisamment de jeunes parce qu’ils n’ont pas suffisamment de production de biens ou de services à effectuer pour vendre sur le marché. Ce sont d’abord les jeunes qui sont pénalisés par une conjoncture de crise ; les jeunes diplômés du supérieur n’échappent plus à cette règle.

 Annexe

. Mobilité à l’étranger et insertion.

http://blog.educpros.fr/pierreduboi...


A lire sur le blog de Pierre Dubois

Illustration : "Healing" par Sortvind (à voir sur www.deviantart.com)


[1] Certes, une partie des diplômés de bac+5 obtiennent leur diplôme dans le cadre de la formation continue. Salariés, ils ne sont pas des débutants sur le marché du travail. Ils ne concurrencent donc pas les diplômés débutants sur les offres d’emploi de cadres débutants. Par contre, ils peuvent être candidats à des postes offerts à la promotion. Le ministère de l’éducation nationale ne publie hélas pas de statistiques de répartition des diplômés selon qu’ils sont inscrits en formation initiale ou continue.



Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois

Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

Soutenir par un don