Déclassements au concours chercheur de la section 24 du CNRS !

Sauvons La Recherche | 26 octobre 2010
jeudi 28 octobre 2010
par  antonin
6 votes

Après le déclassement de Christine Proust en section 32-33, puis celui de Camille Lefèbvre en section 33, c’est maintenant le tour de Marie-Cecile Michallet et d’Emmanuel Laplantine de se voir refuser - en section 24 - deux postes CR1 après désistement des candidats mieux classés.

Marie-Cécile Michallet et Emmanuel Laplantine sont deux jeunes chercheurs en biologie dans les unités INSERM U851 à Lyon et CNRS URA 2582 à l’Institut Pasteur de Paris respectivement. Après avoir postulés et appris que deux candidats sur liste principale avaient accepté leurs postes à l’INSERM, Marie-Cécile (1ère sur liste complémentaire) et Emmanuel (2ème sur liste complémentaire) pensaient - en toute logique - que les postes allaient leur être attribués (suivant en cela l’évaluation du jury d’un concours national). Or – à leur grand étonnement - cela ne fut pas le cas. C’est pourquoi ils ont envoyé une lettre à différents membres du Conseil Scientifique ainsi qu’à la direction du CNRS, afin d’obtenir des explications. Pour exemple, voici la lettre envoyée par Marie-Cécile :



"Monsieur, Je me permets de vous écrire cette lettre afin de vous sensibiliser à la situation dans laquelle je me trouve à ce jour. Je m’appelle Marie-Cécile Michallet. Je suis actuellement jeune chercheur confirmé dans l’unité INSERM U851 à Lyon. Après avoir effectué ma thèse sur Lyon et un stage post-doctoral en Suisse, je suis revenue en France afin de poursuivre ma carrière scientifique. En janvier 2010, j’ai déposé un dossier de candidature aux concours CNRS pour l’obtention d’un poste de chercheur. Les résultats ont été très positifs, puisque j’ai obtenu la 1ère place sur liste complémentaire du concours 24/02 (section 24, grade CR1) lors de la phase d’admission. Trois postes de CR1 avaient été publiés au journal officiel pour ce concours. Deux candidats sur la liste principale ayant accepté leur poste à l’INSERM, l’appel à la liste complémentaire était attendu, me permettant donc d’accéder à un poste de chercheur. N’ayant aucune nouvelle de la part du CNRS durant l’été, je me suis permis de contacter le département des ressources humaines au début du mois de septembre. J’ai reçu la réponse suivante :

"Le comité de direction s’est réuni le 8 septembre dernier pour faire appel aux listes complémentaires des concours afin de pallier les désistements de lauréats des listes principales. Il n’a cependant pas été fait appel à la liste complémentaire du concours 24/02 lors de cet arbitrage."

Totalement choquée par cette annonce, j’ai pris contact avec le président de la section 24, Bruno Lucas, afin de lui demander des explications concernant cette décision. Malheureusement jusqu’à ce jour, aucune explication n’a été donnée par la direction scientifique du CNRS, privant donc la section 24 de 2 postes de CR1 et me privant par la même occasion d’un poste de CR1. En espérant recevoir un peu d’aide de votre part concernant les raisons qui ont pu pousser la direction scientifique du CNRS à prendre une telle décision.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs."



SLR soutient naturellement leur démarche, dénonce la multiplication de tels cas, et invite la direction du CNRS à œuvrer pour que de telles injustices n’aient plus lieu au sein de cet organisme. L’évaluation collégiale et contradictoire effectuée par des pairs lors de jury de concours nationaux pour des postes de la fonction publique d’État doit être respectée ! Toute autre décision est incompréhensible et justifie des explications.


A lire sur le site de SLR

Illustration : "Water2capes" par Akos Major



Commentaires

Logo de antonin
lundi 6 décembre 2010 à 16h21 - par  antonin

Pour info, les pressions sur la section 24 ont payé :

Les deux candidats de la section 24 qui avaient été « écartés » ont été définitivement recrutés comme l’atteste la décision prise par le Président du CNRS, le 22 Novembre 2010. Celle-ci s’appuie sur « la proclamation des résultats des jurys d’admission ET AUSSI « sur la décision du 16 Juillet 2010 retenant en vue de leur nomination les lauréats au concours d’accès au grade de CR1 ».

(Info transmise par Joël PESTEL, DR2 CNRS)

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Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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