Mains basses sur l’Université du Sud Toulon-Var

mercredi 12 mai 2010
par  Anonyme
14 votes

L’INFO-GUERRE PAR LA RUMEUR :
une pierre, trois coups ou comment le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a passé l’Université du Sud Toulon Var et sa Présidence par les armes.

André Joly, Professeur émérite de l’Université Paris 4-Sorbonne, linguiste et philologue, est intrigué par l’énigme de l’affaire du présumé trafic de diplômes au profit d’étudiants chinois découvert à l’université de Toulon (suite à un dépôt de plainte sans preuve d’un enseignant de l’IAE). Il mène l’enquête en toute indépendance sur cette affaire qui a défrayé la chronique pendant de nombreux mois en 2009 et il écrit un livre « La rumeur de Toulon, Mains basses sur l’université » (www.rumeur-toulon.fr).
Il va chercher à savoir ce qui se cachait derrière une ténébreuse affaire que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a laissé se développer pour ne jamais donner de démenti officiel.

 UNE PREMIERE DANS L’HISTOIRE DE L’UNIVERSITE FRANCAISE :

Souvenez-vous ! Une affaire de présumé trafic de diplômes au profit d’étudiants chinois a défrayé la chronique pendant de nombreux mois en 2009. C’est Le Monde qui en fait la « révélation » le 16 avril 2009 :« Un vaste trafic de diplômes découvert à l’université »
L’université en cause est l’Université du Sud Toulon-Var. Un hasard ? D’autres universités avaient été nommées. Le choix tombe sur celle de Toulon, et ça tombe bien : son président est d’origine tunisienne, il est aussi élu au conseil de la Région PACA sur la liste de gauche de Michel Vauzelle. D’une pierre on peut donc faire plusieurs coups. À quelques mois des élections régionales, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, fortement ébranlée par les longues grèves du printemps, va pouvoir redorer son blason. Elle va pouvoir aussi expérimenter sur une petite université de province la fine distinction entre autonomie et indépendance eu égard à la nouvelle loi relative à l‘« autonomie » des universités, dite LRU.

 « POUR DOMPTER LE TIGRE ET SOUMETTRE LE DRAGON, IL FAUT FAIRE DU BRUIT A L’EST ET ATTAQUER A L’OUEST » :

« Le 30 juillet 2009, coup de tonnerre dans un ciel déjà pas tout à fait serein. La courroie de transmission ! Le Monde ! Le Monde qui fait ainsi coup double. Les inspecteurs de l’IGANER n’ont pas établi de façon formelle l’existence d’irrégularités notoires des conditions de délivrance des diplômes au sein de l’IAE, même si le fonctionnement de l’IAE dénote de grandes carences notamment managériales ! ». En effet, le 30 juillet, il publie de larges extraits d’un pré- rapport confidentiel commandé par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Il y a une enquête en cours mais, ô miracle, Le Monde « !a pu consulter ! » le rapport que l’inspection est en train de rédiger.
Et il titre : « Étudiants chinois à Toulon : l’inspection met en cause la présidence de l ‘université » C’est donc par Le Monde que le second scandale éclate, cette fois- ci un vrai et pur scandale, dans la mesure où les auteurs — ceux qui ont rédigé le rapport, ceux qui en ont permis la fuite, celui ou celle qui l’a transmis au journal, enfin le journal qui l’a publié — sont cyniquement conscients de ce qu’ils font. Et ce qu’ils font est grave, d’une rare malhonnêteté, au service d’une cause peu avouable, bref un procédé de république bananière.
Au terme de cette seconde enquête menée tambour battant avec une équipe d’inspecteurs renouvelée en partie et sur la foi d’un premier rapport uniformément à charge qui établit pourtant l’absence totale de trafic à l’université de Toulon, la ministre suspend de leurs fonctions le président et deux de ses vice-présidents. Ils sont condamnés avant même d’avoir été entendus et jugés, comme si la présomption d’innocence n’existait pas.

 « QUAND ON VEUT TUER SON CHIEN, ON L’ACCUSE D’AVOIR LA RAGE » :

La rumeur selon laquelle il y aurait eu à l’Université de Toulon un trafic de diplômes s’est éteinte au bout de plusieurs mois, mais elle a laissé des traces profondes. Elle a jeté le discrédit sur l’université, elle a ruiné la réputation de plusieurs enseignants.
L’auteur constate « Il y a avait de toute évidence de l’acharnement sur fond de désinvolture et de mépris. Ceux qui étaient accusés de « graves irrégularités », avaient été élus avec une large majorité, puis réélus par la communauté universitaire. Mais l’équipe présidentielle a été immédiatement remplacée par un « administrateur provisoire » qui, après une prise de pouvoir d’une rare inélégance, a déclaré d’emblée qu’il était là pour beaucoup plus longtemps que prévu, car l’université était « malade... très malade ». Il s’est auto- proclamé « chef d’établissement ».
Divers appels à élection ont été rejetés par l’administrateur provisoire et par le ministère lui-même.
Cela devenait très inquiétant non seulement pour la démocratie universitaire, à Toulon et ailleurs en France, mais pour la démocratie tout court.
C’est ce qui a décidé André Joly à mener sa propre enquête — plutôt le réel « supplément d’enquête » qu’aurait dû « diligenter » le ministère — pour chercher à savoir ce qui avait bien pu se passer et comment on en était arrivé là.
À force de se poser des questions, d’en poser aux autres et d’amasser des documents, il a fini par commencer à comprendre… Compléments d’informations sur le site : www.rumeur-toulon.fr



Commentaires

Logo de Pierre Dubois
mercredi 26 mai 2010 à 17h23 - par  Pierre Dubois

Laroussi Oueslati, révoqué à vie et immédiatement de la fonction publique.
Lire le jugement de la section disciplinaire de l’université de Paris 4 Sorbonne

Aucune des 30 considérations n’indique que l’ancien président de l’université de Toulon
a organisé un trafic de diplômes
(trafic de diplômes = vente de diplômes, ou délivrance de diplômes sans examens)

La sanction est disproportionnée par rapport aux faits

Chronique d’histoires d’universités
http://histoireuniversites.blog.lem...

mercredi 26 mai 2010 à 11h40

Bonjour,
Je ne vois pas le rapport !

A+

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samedi 22 mai 2010 à 18h08 - par  Sous-marin.

Est-ce qu’on risque la révocation lorsqu’on est un illettré devant l’Eternel et qu’on commet plein de fautes d’aurtaugraffe et de gand-mère, sans vouloir l’offenser, devant les zétudiants et ceux qui ne le sont pas ?

lundi 17 mai 2010 à 10h01

Bonjour,

Vous qui semblez être au courant de tant de choses venez interroger les représentants du personnel ils vous dirons comment ça ce passait avant et comment ça ce passe aujourd’hui.

Avant c’était un dialogue de sourd avec même de la répression syndicale et maintenant c’est une relation normale.
Qui c’est un peu dégradé ces jours ci c’est vrai il faut le dire aussi.

Mais dans tous les cas on est loin de la manière d’avant de gérer sans grand respect de la personne ...

merci messieurs de vous enfoncer encore plus a chaque fois.

a bientôt

un personnel "titulaire" de l’université et représentant du personnel

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lundi 17 mai 2010 à 02h02 - par  La Souris

Un message signé le chat, ça rappelle des choses. Avant le chat miaulait beaucoup sur la liste de l’université, maintenant il ronronne avec l’administrateur... le chat griffait, le chat va à la gamelle maintenant... les temps changent. Ce qui reste immanquablement c’est l’orthographe et la grammaire du chat comme une signature de l’auteur.

Mais là n’est pas l’essentiel. L’important c’est l’information véhiculée par le livre d’André Joly, qui loin d’être une rumeur, est une enquête parfaitement menée. L’éclairage est saisissant si on se donne la peine de le lire et de l’analyser. On comprend alors la genèse de "l’affaire", la manipulation et la psychologie de l’administrateur.

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vendredi 14 mai 2010 à 18h16 - par  Le Chat

Drôle d’affaire non ! Juste doit on se demandé pourquoi l’USTV en est arrivé là ... Un prétexte pour prendre la main, tester sur Toulon ... Son malin là haut hein... Mais tout connement il fallait pas donnée le prétexte... En tout cas le merdier il est en place et pas depuis 6 mois les gars .... Celui qui y retrouve ces petits il est fort .... Quand au précaire, j’ai pas toute les affaires en main, mais il n’y en a qu’un qui a dit : "je prolonge les contrats si les besoins sont justifié" au lieu de "t’as 4 ans de contrat je peux plus rien faire pour toi, à moins que .... ". Mais que les précaires de cette université parle... et tous pas uniquement ceux mis en place sous les grands précédents ...
Pendant ce temps LMDE, LRU et AGCS dansent ensembles ... sur le dos du service public.
Bonne lecture et à dans 10 ans ....

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vendredi 14 mai 2010 à 18h13 - par  Jenesuispadupepourquiilroule

La rumeur, c’est surtout Mr Joly qui l’a crée ! Il lance la rumeur selon laquelle il y aurait une rumeur ... Curieux pour un linguiste, censé savoir être critique.

vendredi 14 mai 2010 à 17h46

On peut aussi s’interroger sur le choix de l’administrateur provisoire, psychorigide s’il en est (c’est pour cela qu’il a été éjecté de la présidence de l’université de Marseille en 2008), et s’accompagnant d’un passé politique d’extrême gauche (LCR). Y-a-t-il un meilleur choix pour terminer de tuer son chien enragé ?

Logo de PV
vendredi 14 mai 2010 à 17h44 - par  PV

Ouh là là !!! Y’aurait un complot à l’université ma bon’dame. C’est comme j’vous dis. Alors qu’y z’étaient fort polis les présidents et toutes ces huiles-là. Ça marchait fort quand y z’étaient là. D’ailleurs ma fille elle a pu être contractuelle malgré que elle avait pas l’diplôme qui fallait. Si, si. Y donnaient sa chance à tout le monde ces bons messieurs. Comme j’vous dis. Même que leur phrase favorite c’était : "Si vous avez besoin de quoi que ce soit, venez me voir.". Et y sont tous venus. Même qui z’ont dû pousser les murs pour accueillir tout le monde. C’est qui z’étaient généreux ceux-là !

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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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