Deux docteurs précaires sous la coupe des mandarins...

mercredi 24 septembre 2008
par  Anonyme
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J’ai soutenu ma thèse de doctorat il y a plus de 6 ans. J’ai eu des ennuis de santé sérieux, des circonstances personnelles difficiles, mais j’ai bosse dur, très dur ces dernières années au point de sacrifier ma vie de famille en travaillant ces deux dernières années a 650 km du lieu de résidence de ma femme et de mes jeunes enfants. J’ai subi et je subis toujours la tyrannie de vraies pourritures que sont les mandarins des labos.

J’ai soutenu ma thèse de doctorat il y a plus de 6 ans. J’ai eu des ennuis de santé sérieux, des circonstances personnelles difficiles, mais j’ai bosse dur, très dur ces dernières années au point de sacrifier ma vie de famille en travaillant ces deux dernières années a 650 km du lieu de résidence de ma femme et de mes jeunes enfants. J’ai subi et je subis toujours la tyrannie de vraies pourritures que sont les mandarins des labos.

Ma femme, jeune post-doc, s’est faite traitée comme une moins que rien dans son labo quand seule elle a du faire face a la coqueluche d’un de nos enfants qui l’a retenue quelques jours éloignée de son ordinateur. Le financement du projet de recherche qu’elle a elle-même initie s’étant arrêté brutalement, elle bosse gratos pour son labo et nous avons finance en grande partie les quelques conférences auxquelles elle devait assister. En résume, nous avons, comme l’ensemble des précaires, une vie professionnelle de merde qui n’est pas sans conséquence sur notre vie de famille. Le métier de chercheur est difficile et exigeant, et nous comme l’aimons passionnément nous nous battons tous les jours pour ne pas craquer contre la stupidité et la méchanceté gratuite de certains de nos collègues. En tant que précaire, soit on avale des couleuvres, soit on démissionne et on met sa carrière en danger. Des concours, j’en ai passe pas mal. J’ai été auditionné et classé un certain nombre de fois, mais je trouve toujours frustrant de savoir que les des décisions sont prises bien en amont, comme par exemple dans mon groupe actuel ou le chef a décidé que son thésard aurait le poste : le concours était une vraie mascarade (à laquelle je n’ai pas participé) mais l’État français recrute maintenant un fonctionnaire sur la base d’un concours bidon car c’est le fait du prince local. Mon médecin de famille a même fini par me prescrire des anti-dépresseurs !

De l’énergie j’en avais a revendre il y a quelques années, mais vous comprendrez qu’a la longue, a force de me prendre des coups venant du monde de la recherche même, ma combativité diminue de façon substantielle quand il s’agit de me battre pour le système actuel. Ma perception du mouvement SLR a change aussi : il y a 4 ans, j’étais impressionné ; maintenant je trouve que ce mouvement manque d’éclat et fédère de moins en moins au sein de la communauté des chercheurs. Je ne doute pas que les membres de SLR et ses dirigeants consacrent du temps et de l’énergie a faire du système français un meilleur système, mais je rejoins l’analyse de Igor Babou quand il dit que les pseudo-négociations avec notre gouvernement se font en pure perte car ce dernier n’a fondamentalement que faire de vos positions aussi bonnes soient-elles.

L’énergie que je mettrais dans ma combativité pour la défense du système de recherche français si j’avais le confort d’un poste permanent, je l’investis dans les efforts que je consens à pratiquer mon métier dans des conditions minables pour un salaire somme toute dérisoire. Comme je l’ai déjà dit ailleurs, en tant que précaire, ce que j’ai l’impression de voir dans les yeux de certains collègues permanents lors de situations de tension au sein du groupe quand le big boss met la pression au précaire que je suis, c’est ce sentiment de satisfaction un peu coupable de ne pas être a ma place, si bien décrit par les fameux vers de Lucrèce commençant par "suave mari magno...".


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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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