Pôle emploi et le placement privé : un précaire, ça peut rapporter gros

RTO | jeudi 28 janvier 2010 | par Réseau Solidaire d’Allocataires
dimanche 7 février 2010
par antonin
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Le placement privé des chômeurs est désormais installé dans le paysage. Sa réalité concrète a été évoquée lors des premières collaborations du Pôle Emploi avec de grandes entreprises du secteur : Ingeus, Altedia et autres agences d’intérim.

Très peu depuis finalement. Hormis dans les dénonciations presque rituelles des syndicats du Pôle Emploi, dénonciations ambiguës au possible : le placement serait une mauvaise chose parce que le vieux modèle du contrôle public des chômeurs en serait presque une bonne.

La nostalgie de l’ANPE est moins répandue chez les chômeurs et précaires, elle est de toute façon parfaitement inutile, pratiquement parlant. Aujourd’hui, beaucoup des nouveaux entrants dans le système Pôle Emploi recevront directement une convocation chez un opérateur du placement privé. Beaucoup d’autres, à moins d’une combativité sans failles ou d’une réaction collective, finiront par accepter un stage de six mois chez l’un ou l’autre, par crainte légitime d’une radiation.

Aussi, la question se pose, concrètement :

comment organiser la résistance au contrôle, chez ces opérateurs privés

, et là comme ailleurs, tenter la rencontre entre les précaires des deux côtés de la barrière ?

Le récit qui suit est une première réponse : il évoque une visite collective chez l’un de ces opérateurs, quelque part en Ile de France, à la suite de l’orientation contrainte d’une précaire par le Pôle Emploi. Si, contrairement à nos habitudes, nous restons aussi imprécis, c’est tout simplement que nous y avons rencontré un camarade de l’autre côté du miroir. Un salarié en CDD, sur la chaise éjectable, qui a pris le risque de confier à un collectif de chômeurs et précaires tout ce qu’il savait du fonctionnement de sa boite et de ses relations avec le Pôle.

Un savoir qui, en l’occurrence, protégera la précaire concernée des tentatives de radiation et de harcèlement, parce qu’il dévoile ce qui se cache derrière le placement : des sommes énormes investies dans une machine qui tourne à vide, sans rapport aucun avec ce qui est promis et écrit.

Arrivée dans les lieux. Nous nous attendions à un grand local, la prestation ayant été décrite par le Pôle Emploi comme un accompagnement « intensif » et « personnalisé », avec au minimum un entretien par semaine, et trois entretiens d’embauche à décrocher !

Comme l’entreprise en question revendique plus de 10 000 demandeurs d’emploi accompagnés et 20 000 allocataires du RSA sur tout le territoire, nous nous disions que l’Ile de France devait avoir des agences importantes. D’autant plus que celle-ci est censée couvrir plusieurs communes.

Or, nous découvrons un local d’une seule pièce d’à peine vingt m2, et un seul salarié. Son bureau prend la moitié de la pièce séparée par un espace étroit d’une table avec quatre chaises. Sur le bureau, un mini ordinateur portable, de ceux qui font mal au dos et aux yeux au bout d’un quart d’heure, un énorme fax et un téléphone, modèle huit euros au bazar. Une machine à café et un four micro-ondes, même échelle de prix.

Nous avons un doute, il s’agit peut-être juste d’un bureau pour remplir le formulaire d’inscription avant d’être orienté vers les locaux où l’on est censé trouver des « ressources élargies pour la recherche d’emploi ».

Et bien non, le salarié nous explique que le « suivi intensif et personnalisé », c’est bien ici que c’est censé se passer.

Pour 156 demandeurs d’emploi, très exactement, en ce moment. Et non, il n’y a pas d’autres salariés. Au départ ils étaient trois, mais les deux autres ont lâché l’affaire.

Pourquoi ? Parce que ce poste n’est pas un CDI, ni même un CDD. Il s’agit d’un CDDU. Un CDDU, c’est un CDD qui peut être renouvelé indéfiniment, sans que le salarié ait à être averti dans un délai fixe avant la fin du contrat, et sans qu’il ait droit aux primes de précarité, voir ici->http://www.collectif-rto.org/spip.p… Peut-être aussi parce qu’il n’y a aucun cahier des charges leur expliquant précisément ce qu’ils sont censé faire. Le flou artistique, quoi !

Légalement, il est utilisable dans les secteurs « où il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI en raison d’une charge de travail imprévisible et fluctuante. Logiquement, le secteur d’emploi doit être autorisé par décret, mais l’utilisation du CDDU peut également exister si les syndicats représentatifs l’ont accepté dans un accord de branche…

Bref, la précarité à durée indéterminée. Là par exemple, notre salarié a été reconduit….pour un mois. On lui a fait comprendre qu’il n’était pas assez performant dans son travail administratif.

Pourquoi reste-il alors que les autres sont partis ? Pas à cause du salaire, il a fait ses calculs : il touche 28 centimes de plus par jour qu’avec ses allocations chômage. Mais justement, il a été deux ans et demi au chômage. Deux ans et demi à regarder approcher la fin de droits.

Alors, forcément quand un collectif de chômeurs débarque, il n’a pas la même réaction que les salariés du Pôle. Nous parlons la même langue, parce que nous avons la même expérience.

Derrière « suivi personnalisé », nous mettons le même ordinaire.

La formation précise que ce salarié n’a jamais pu obtenir des ASSEDIC, pourtant, c’était celle de « conseiller d’insertion » ! Car voilà, une fois réussie la batterie de tests, il n’y avait plus de financement possible pour les chômeurs ; uniquement des places pour les CIF* salariés. (* Congé Individuel de Formation)

Le mépris aussi de certains agents du Pôle Emploi. La fois où il a craqué, hurlé et où la police est venue.

Le boulot de vacataire qu’on accepte, en espérant que ça permettra de rebondir sur du stable et du mieux payé. Et en fait de rebond, le CDDU, ici dans une entreprise de placement privé.

Mais les projets qu’on garde quand même, et donc le recul sur le boulot qu’on fait provisoirement.

On rit très vite de ce qui n’est pourtant pas drôle : la formidable machine à faire du fric pour pas cher qu’est cette entreprise de placement.

Il n’y a pas de salarié, en effet, et pas de moyens, non plus. Même pas un box en carton pour créer un semblant d’intimité, pas de photocopieuse, pas d’ordi, pas de téléphone pour les précaires censés être suivis de près.

D’ailleurs le calcul est vite fait : cinq jours par semaine, 156 chômeurs à recevoir au moins une fois. Ça en fait 31 par jour, en huit heures de boulot. Donc 15 minutes par demandeur d’emploi, s’il n’y avait que ça à faire.

Mais notre salarié est aussi censé accueillir les nouveaux. Et créer un réseau de contacts avec d’éventuels employeurs. Ses patrons n’en ont aucun à lui fournir, visiblement. Et également effectuer des recherches sur les formations accessibles, corriger des CV et des lettres de motivation.

Et surtout, rendre des comptes au Pôle Emploi. Et ça, c’est le principal pour son employeur. Pôle Emploi, en effet, exige bien plus du discours que du résultat. Sur le papier, le « suivi renforcé » doit exister. Alors, ce sont des pages et des pages à remplir,

du vent à transformer en dur.

Avant notre arrivée, le salarié était ainsi occupé à annuler tous ses rendez-vous des jours suivants, car son superviseur national montait en Ile de France récupérer ces fameux dossiers, en urgence, et le délai était très bref pour les remplir.

Seulement, dans l’intervalle, deux autres chômeurs envoyés par le Pôle sont arrivés en plus de la personne que nous accompagnons.

Un peu méfiants au début, ils disent être venus là parce que la prestation leur a été présentée comme « un bon moyen de retourner vers l’emploi ».

Et puis, vu la tournure que prend la discussion, les langues se délient. Le premier est en fait furieux et écœuré : il a déjà une expérience et des offres d’emploi concrétisables dans son domaine, mais il lui manque le permis. Il a frappé à toutes les portes : impossible de trouver un financement. En lieu et place, sa conseillère lui a fourgué cette prestation, avec le papier qui menace de radiation si elle est refusée sans motif valable. Il a un entretien une heure plus tard à l’autre bout de Paris, qu’il va peut-être manquer.

Le second affirme au début qu’il ne risque pas la radiation s’il ne se présente pas, que son conseiller lui aurait dit que ça se passe bien. Le premier lui conseille de ressortir sa convocation et de regarder en bas. La menace de radiation y est.

Car le placement privé ne sert pas à retrouver un emploi, mais à perdre ses droits.

Nombreux sont ceux, en effet, qui rebroussent chemin direct en comprenant ce qu’est réellement la prestation, ceux qui abandonnent en cours de route sans imaginer que cela puisse être suivi d’une sanction.

Et ce sont évidemment et en premier lieu ceux qui doivent impérativement trouver un boulot très vite, courir dans tous les sens pour ça, et ne pas perdre de temps, parce que la différence entre leur maigre allocation, et les dépenses auxquelles ils doivent faire face est abyssale : les crédits, le loyer, par exemple.

Et comme l’avoue honnêtement le salarié, il ne peut pas grand-chose pour eux. Sauf exception : par exemple, le mois dernier un chômeur l’a informé qu’une place d’ambulancier était disponible, mais qu’il fallait plus d’expérience qu’il n’en avait. Le salarié y a envoyé un autre demandeur d’emploi qui correspondait.

Dans cette agence de placement, en tout cas, il se produira ce qui ne nous est pas arrivés depuis longtemps au Pôle Emploi. Une discussion ensemble, précaires des deux côtés de la barrière, dont la direction ne saura rien.

Nous estimons les profits incroyables que doit générer l’activité. Pas de coûts de production autres que quelques salariés sous payés, et le loyer des locaux dont il est possible qu’il soit subventionné en partie.

Le coût du placement privé, c’est approximativement 3 500 euros par chômeur. Même si on suppose cette entreprise particulièrement compétitive et qu’on estime la prestation à 2 000 euros par tête, ça fait, pour cette seule agence :
2 000 euros x 156 chômeurs = 312 000 euros de chiffre d’affaire pour 6 mois, soit 52 000 euros par mois.
Un local à 500 euros de loyer, un salarié 1300 euros, même en comptant mille euros de charges diverses (courrier, téléphone et internet) et les impôts, reste au moins 45 000 euros générés par mois pour du vent.

Pas étonnant que l’entreprise en question soit cotée en bourse depuis deux ans….

Pas difficile de comprendre où aboutit finalement l’argent des cotisations des salariés, qui passe par l’UNEDIC pour arriver dans la poche d’actionnaires qui sont souvent aussi ceux des entreprises qui ont licencié les salariés…

Le profit, c’est simple comme un jeu de chaises musicales : prenez trois précaires et faites les danser, du statut de salarié en contrat sous payé, à celui de chômeur mal indemnisé et fliqué. Faites en sorte, naturellement qu’il n’y ait toujours que deux chaises pour trois, et le précipice de la radiation et de la misère pour celui qui refuse de se battre pour une chaise pourrie contre les autres précaires…

Arrêter la valse ? Pas si difficile, il suffit que les trois précaires se regardent en face et admettent que tourner en rond n’amène nulle part …

Ce jour là, chez un prestataire du Pôle, nous avons commencé.

Un autre témoignage d’un salarié sous traitant du Pôle Emploi ici


A lire sur le site du collectif RTO


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24 nouvelles universités vont passer à l’autonomie en 2011

jeudi 8 juillet

[AFP - 8 juillet 2010]

Vingt-quatre nouvelles universités vont passer à l’autonomie au 1er janvier 2011, portant la proportion d’universités devenues autonomes à 90 % en trois ans, a annoncé jeudi la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, lors d’un point presse.

(…) il y aura au total 75 universités autonomes en 2011, sur les 83 universités du pays.

(…) Les 24 nouvelles universités accédant à l’autonomie budgétaire et des ressources humaines (en particulier leur masse salariale) au 1er janvier 2011 sont celles d’Amiens, Arras, Bordeaux-3, Bordeaux-4, Caen, Chambéry, Évry, Grenoble-2, Le Havre, Le Mans, Lille-1, Nancy-2, Nîmes, Nouvelle-Calédonie, Orléans, Paris-1, Paris-3, Paris-4, Paris-9, Perpignan, Reims, La Réunion, Rouen, Toulouse-2, selon le ministère.

2,1% d’augmentation moyenne des droits d’inscription à la rentrée

mercredi 7 juillet

[Source : Observatoire Boivigny, 07/07/2010]

Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé le montant des droits d’inscription pour la rentrée universitaire 2010-2011 :

  • Pour près de 796 000 étudiants en licence (soit 59% des étudiants), ils passeront de 171 à 174 Euros (soit + 3 euros par an ou +1.7 %).
  • Pour près de 450 000 étudiants en master (soit 33% des étudiants), ils passeront de 231 à 237 Euros (soit + 6 euros par an ou + 2.6%).
  • Pour près de 103 000 étudiants en doctorat (soit 8% des étudiants), ils passeront de 350 à 359 Euros (soit + 9 euros par an ou + 2.6%).

Les 572 000 étudiants boursiers sont exonérés du paiement des droits d’inscription.

L’augmentation moyenne pondérée des droits d’inscription est de 2.1%.

Notons que les universités peuvent désormais proposer aux étudiants un paiement fractionné (en trois versements) de ces droits d’inscription ainsi que de ceux de sécurité sociale. Depuis la rentrée 2010, il est obligatoire de proposer ce choix aux étudiants.

Sur le Web : Source

Un doctorant tunisien placé en centre de rétention en vue de son expulsion

lundi 8 mars

Un doctorant tunisien de l’université Paris 1, âgé de 37 ans, a été placé au centre de rétention administrative de Vincennes en vue de son expulsion, a-t-on appris vendredi auprès du député (apparenté PCF) de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard.
En France depuis 2005, Anouar Shimi est en troisième année de thèse à l’institut de géographie de l’université Paris 1, spécialisé sur les enjeux liés à l’eau et au développement durable, selon M. Brard.
Il a été arrêté lundi à son domicile à Beaugency, dans le Loiret, a-t-il ajouté, dénonçant "une expulsion indigne".
M. Brard a indiqué qu’il était intervenu auprès du ministre de l’Immigration Eric Besson et que les services consulaires tunisiens allaient se pencher sur cette affaire.

Source : dépêche AFP 06/03/2010

Sur le Web : Lire la dépêche AFP

Lancement de la 6e enquête nationale sur les conditions de vie des étudiants

vendredi 5 mars

L’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) lance sa 6e enquête sur les conditions de vie des étudiants. Ce dispositif s’inscrit dans le projet Eurostudent qui compare la situation des étudiants dans plus de 20 pays européens.

Le premier objectif de cette enquête est donc de répondre à la question « Étudiantes, Étudiants qui êtes-vous ? ». Les informations recueillies contribuent à l’élaboration d’un état des lieux permettant d’appréhender la diversité des situations concrètes des étudiants, d’identifier les difficultés matérielles ou sociales susceptibles de compromettre la poursuite des études, et de disposer d’indicateurs sur la qualité des conditions de vie des étudiants pour éventuellement suggérer les aménagements souhaitables.

Cette enquête, réalisée pour la première fois en 1994, concernait jusqu’à présent exclusivement les étudiants d’universités et les élèves de classes supérieures de lycées. En 2010, elle intègre aussi les formations suivantes :

  • Les écoles d’ingénieurs non universitaires,
  • Les écoles de commerce, gestion et vente,
  • Les Instituts de formation en soins infirmiers,
  • Les écoles sous tutelle du Ministère de la culture et de la communication.

130 000 étudiants sont invités par courrier à répondre à un questionnaire sur Internet de mars à juin 2010.

Le taux de réponse moyen, de l’ordre de 25%, a permis de collecter à chaque édition près de 25000 réponses exploitables. Avec l’élargissement de l’enquête, plus de 30 000 réponses sont attendues en 2010. L’OVE encourage les étudiants à participer en leur offrant par tirage au sort 50 chèques cadeaux d’une valeur de 300€.

Les premiers résultats de l’enquête seront diffusés début 2011.

Vacataires impayés de Lyon 3, la suite...

jeudi 4 février

Les vacataires de l’université de Lyon 3, soutenus par les professeurs agrégés, continuent à manifester leur mécontentement. Rappel des faits : (Lire la précédente brève)…

Avec l’aide du syndicat Snesup, les vacataires ont fait parvenir trois lettres au Doyen de l’université, lesquelles sont restées sans réponses. La présidence vient juste d’envoyer un mail aux principaux intéressés leur rappelant la situation et leur demandant d’être patients. Le retard touche particulièrement les vacataires de langues, que ce soit à la faculté de droit ou à l’IAE (Institut d’administration des entreprises). Pour palier les problèmes du logiciel, le Snesup les a aidés à calculer leurs heures, pour proposer une avance sur salaire. Mais la présidence a refusé. Pas facile, surtout pour ceux qui doivent toucher jusqu’à 8 000 euros d’arriérés. En désespoir de cause, certains vacataires s’abstiennent de transmettre les notes des étudiants aux secrétariats. L’un de leurs seuls moyens de pression.

Jean-Benoit Foucart

Méthode PAPERA qui fait ses preuves : occupation des bureaux de l’administration. Pacifique, très visible et souvent efficace quand c’est médiatisé ! Le Progrès semble sur le coup, foncez !