Appel de Strasbourg du 11 Septembre 2009

mercredi 16 septembre 2009
par  Etudiants en lutte de Strasbourg
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Le 11 Septembre 2009, la lutte universitaire continue sur Strasbourg ! Aujourd’hui, la présidence inaugure une plaque de l’université unique, symbole de la LRU et de la privatisation des services publics, signée par Pécresse et le président de l’université. À cette occasion, des étudiants, des personnels et des enseignants se sont rassemblés afin d’affirmer leur volonté de poursuivre un mouvement social, et de défendre une éducation libre, gratuite et ouverte à tous. La forte mobilisation, notamment des L1 [1], et l’unité des différents acteurs de l’université ont fait de cette action un succès et par la même, ont permis de dissiper toute crainte sur la non-reprise d’un mouvement. L’appel qui suit à été lu lors de cette action, il est destiné à toutes les universités françaises.

Appel de Strasbourg du 11 Septembre 2009

Depuis le 1 janvier 2009, on veut nous faire croire que l’Université de Strasbourg est devenue autonome, alors, qu’en réalité, elle est devenue de plus en plus dépendante de la loi du Marché et de moins en moins financée par l’État. On voudrait aujourd’hui, 11 septembre 2009, nous faire croire que tout va pour le mieux et que les acteurs du monde universitaire sont ravis.

Grâce à la LRU, le savoir devient une marchandise. Les capitaux privés interviennent au sein de l’UdS [2] par le biais de la Fondation, dont l’objectif déclaré est de "vendre l’ensemble de l’Université" (DNA 13/05/09). La masterisation casse la formation des fonctionnaires, afin de fragiliser leur statut, pour en faire des vacataires toujours plus précaires. Les nouveaux programmes contiennent des projets professionnels obligatoires, destinés à rendre les étudiants et leurs filières plus rentables.

Grâce à la LRU, la Fac devient petit à petit une entreprise. Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises influencent déjà le contenu des formations, à l’exemple de la licence et du master en management "supermarché Match". Le président Beretz, dont la prime annuelle a augmenté jusqu’à 40000€, siège avec les pleins-pouvoirs et exerce sa politique arbitraire sur l’Université. Le conseil d’administration est de moins en moins représentatif en personnels et en étudiants, mais il est ouvert à des personnalités extérieures tel que le président du Medef local. Cette nouvelle logique entrepreneuriale entraîne déjà répressions, licenciements et rétrogradations.

À peine autonome, l’Université se trouvait déjà en grève. On essaie aujourd’hui de nier les mouvements sociaux que les universités ont connus dès 2007.

À travers toute l’Europe ces dernières se sont mobilisées, et se mobilisent encore contre le processus de Bologne, à l’origine de la LRU en France, de la loi LOU en Espagne etc...

Tout ce processus s’inscrit dans une même logique de privatisation qui touche tous les secteurs publics , de l’hôpital à la poste, en passant par l’éducation de la maternelle à l’Université. Et quand ce n’est pas la privatisation, c’est l’exigence de rentabilité à court terme qui s’immisce dans les services publics et impose des pratiques entrepreneuriales et managériales.

Au niveau mondial c’est l’Accord General sur le Commerce des Services signé en 1995 par l’OMC, qui contraint tous les pays membres de l’OMC à privatiser 160 secteurs d’activité publique (dont l’éducation, la santé, la poste etc..).

Non monsieur Beretz, nous ne sommes pas dupe du rôle que vous tenez, avec tous les présidents d’universités devenues autonomes. Nous appelons donc en conséquence toutes les universités de France et d’Europe, à se remobiliser, car nous ne céderons pas, et non ! l’université ne sera pas une entreprise dont nous serons les clients pour finir exploités sur le marché du travail.

Face à cette contestation sociale, la répression administrative au sein de l’université ne se fait pas attendre, à l’exemple de l’université de St-Étienne, qui menace neuf étudiants grévistes d’interdiction d’inscriptions dans l’enseignement supérieur. Face à ces méthodes inacceptables nous apportons notre soutien aux étudiants et personnels sanctionnés.

Les étudiants en lutte.


[1] Étudiant en 1ère année de Licence

[2] Université de Strasbourg



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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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