Les Écoles françaises contre les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche

mardi 20 janvier 2009
par  Avrel
3 votes

Les soussignés, membres du personnel scientifique de la Casa de Velázquez, de l’École française d’Athènes, de l’École française de Rome et de l’Institut français d’archéologie orientale, expriment leurs plus vives inquiétudes face aux projets de réformes mis en œuvre par le gouvernement qui, au nom d’une uniformisation internationale, risquent de nuire profondément à la recherche publique française et à la qualité des enseignements dispensés dans ses universités.

Les modalités prévues pour la « mastérisation » de la préparation aux concours de recrutement des enseignants du secondaire menacent de reléguer à l’arrière-plan la place de la recherche dans le parcours universitaire des étudiants. Elles ouvrent en outre la voie à l’affaiblissement du contenu disciplinaire de ces concours et à la disparition de la formation par alternance au cours de l’année de stage, pourtant indispensable à l’apprentissage de ce métier.

Nous voulons également marquer notre opposition à la suppression du statut national d’enseignant-chercheur. Le projet de modulation des services est en effet une atteinte grave au principe d’égalité de traitement entre les fonctionnaires d’un même corps. Au-delà, il va à l’encontre de la mission fondamentale de service public qui doit être celle de l’enseignement supérieur français. Celle-ci ne peut reposer que sur un équilibre entre le temps dévolu à la formation des étudiants et la poursuite des activités de recherche, dont la répartition ne saurait être soumise à la discrétion des présidents d’universités.

Enfin, la remise en cause des financements de la recherche doctorale et post-doctorale nous apparaît comme particulièrement préoccupante à un moment où l’accès des jeunes chercheurs aux postes d’enseignant-chercheur titulaire s’avère de plus en plus difficile. Nous croyons que cette décision entre en complète contradiction avec les engagements européens d’intensification de l’effort de la recherche, dans un contexte d’émulation internationale renforcée.

C’est pourquoi nous avons décidé de nous associer au mouvement général de protestation soulevé par ces projets de réformes et de lui témoigner notre soutien par la présente motion.


  • Anastassios Anastassiadis (EFA)
  • Nathan Badoud (EFA)
  • Roland Béhar (Casa de Velázquez)
  • Luc Berlivet (EFR)
  • Gwladys Bernard (Casa de Velázquez)
  • Jean-François Chauvard (EFR)
  • Yann Dejugnat (Casa de Velázquez)
  • Magali della Sudda (EFR)
  • Martine Dewailly (EFR)
  • Fabien Faugeron (EFR)
  • Marie Favereau (IFAO)
  • Caroline Giron-Panel (EFR)
  • Anne-Madeleine Goulet (EFR)
  • Jean-Sébastien Gros (EFA)
  • Patrice Hamon (EFA)
  • Olivier Huck (EFR)
  • Fabrice Jesné (EFR)
  • Perrine Kossmann (EFA)
  • Nicolas Kyriakidis (EFA)
  • Laurie-Anne Laguet (Casa de Velázquez)
  • Hélène Lamotte (EFR)
  • Nicolas Laubry (EFR)
  • François Lerouxel (EFR)
  • Caroline Michel d’Annoville (EFR)
  • Nicolas Monteix (EFR)
  • Etleva Nalbani (EFR)
  • Marilyn Nicoud (EFR)
  • Sylvain Parent (EFR)
  • Coline Perrin (EFR)
  • Laura Pettinaroli (EFR)
  • Perig Pitrou (Casa de Velázquez)
  • Yann Rivière (EFR)
  • Julie Roland (Casa de Velázquez)
  • Antoine Roullet. (Casa de Velázquez)
  • Corinne Rousse (EFR)
  • Coline Ruiz Darasse (Casa de Velázquez)
  • Simon Sarlin (EFR)
  • Thomas Tanase (EFR)
  • Nicolas Tran (EFR)
  • Natacha Trippé (EFA)
  • Céline Vaz (Casa de Velázquez)
  • Guillaume Vergniaud (Casa de Velázquez)
  • Julien Zurbach (EFA)

transmis par Nicolas Kyriakidis



Documents joints

PDF - 38.9 ko
PDF - 38.9 ko

Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois

Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

Soutenir par un don