Crédit impôt-recherche : les grandes entreprises gagnantes

Le Figaro économie 26/08/2008 - N°19928 page 17
mercredi 27 août 2008
par  antonin
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Fort de son succès, le nouveau crédit impôt-recherche pourrait coûter plus cher que prévu, jusqu’à 3,2 milliards d’euros.

Depuis de nombreux mois, la compétitivité des entreprises est revenue au centre de la politique économique du gouvernement. En augmentant considérablement, le 1er janvier dernier, le crédit impôt-recherche (CIR), ce dernier voulait inciter les entreprises à innover davantage et les aider à résister dans la compétition mondiale.

Une note interne au ministère de l’Économie, que Le Figaro s’est procurée, indique que le CIR pourrait connaître un coup d’accélérateur plus rapide que ce qu’escomptait jusqu’alors le gouvernement. Revers de la médaille, il coûterait donc plus cher aux caisses de l’État ! De fait, selon le document de Bercy, le coût du nouveau crédit impôt-recherche pourrait atteindre annuellement 3,2 milliards d’euros. Jusqu’à présent, le gouvernement parlait de 2,7 milliards en rythme de croisière. Si la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, estime que le nouveau crédit impôt-recherche, « c’est la France d’aujourd’hui qui investit pour la France de demain », le succès anticipé de la mesure pourrait compliquer un peu plus l’équation budgétaire des prochaines années.

Bénéfice pour les PME

Le document du ministère répond également à une question qui avait largement alimenté la polémique lors de l’entrée en vigueur du nouveau dispositif de soutien à l’innovation : allait-il bénéficier suffisamment aux PME et faire émerger davantage d’entreprises moyennes, celles qui font cruellement défaut à la France ?

Selon les projections de Bercy, les entreprises de moins de 250 salariés verront le montant moyen de leur crédit d’impôt multiplié par 1,6 (voir tableau). Une PME qui dépensait 2 millions dans la recherche en 2006, 2,5 millions en 2007 et 3 millions en 2008, aurait dû recevoir 600 000 euros de crédit d’impôt selon les anciennes modalités. Avec les nouvelles, elle touchera environ 900 000 euros, a calculé Bercy. Toutefois, en proportion, les entreprises de moins de 250 salariés seront perdantes : elles ne récupéreront plus « que » 19 % des sommes totales reversées au titre du CIR, contre 26 % avant la réforme. À l’inverse, les grandes entreprises de plus de 10 000 salariés récupéreront 39 % des sommes reversées (contre 32 % avant la réforme). En moyenne, ces dernières récupéreront 32 millions chacune, contre 12,2 millions avant la réforme, soit une multiplication par 2,6.

Marie Visot


L’article original sur le site du Figaro économie

Ci-joint un pdf de l’article avec quelques compléments absents de la version en ligne



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Figaro eco 26/08/08
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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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