Les malheurs du contractuel à l’université d’Evry ou le risque d’être membre d’un jury de thèse quand on est contractuel….

Chronique de la vie quotidienne d’une université 3
mercredi 3 décembre 2008
par  Avrel
4 votes

Nous avions déjà évoqué le contractuel, le vrai, l’ordinaire, celui qui annonce la réalité de nombreux enseignants du supérieur de demain. aes-apprentissage-univ-evry.org Le lecteur non familier des arcanes de l’université réelle, celui qui n’a fréquenté que les filières scientifiques ou les allées bien ordonnées des filières nobles peut s’étonner de notre évocation qui fleure quelque peu les bas-fonds. Mais l’université française a aussi ses « caves de Lille » et fidèles à l’enseignement sociologique de Jack London c’est aussi elles que nous choisissons d’évoquer.

Nous avions laissé notre contractuel dans l’incertitude après que son secteur ait changé de maître, changement de nom, mais point de nature comme nous allons le voir !

Dans une véritable université nous aurions pu évoquer Beaumarchais ou Brecht pour qualifier les rapports du contractuel et de son mandarin, mais comme nous sommes comme eut dit le vieux barbu dans la seconde fois et donc dans la farce c’est le domaine du comique troupier ou des rapports Marchais/Elkabach qu’il nous faut décrire.

Le contractuel, n’est pas familier des arcanes et règles de l’enseignement supérieur, des obscures questions de statut et de service, encore moins de celles concernant l’ensemble des règles administratives de gestion d’un diplôme, ce qu’il sait c’est faire des cours, encadrer des mémoires de master, régler les petites questions du quotidien ce que les EC locaux lui laissent volontiers. Comme face à lui le « chef » et le « sous-chef » ne sont pas plus familiarisés avec ces questions, malgré leur âge avancé (la soixantaine et plus) le dialogue relève de la mauvaise comédie de boulevard. L’un arrive avec ses questions, l’autre avec ses réponses et les deux sont complètement hors champ de la réalité universitaire.

Tout cela serait extrêmement savoureux si le chef, ne prétendait pas rester le chef et si le contractuel, n’était pas justement contractuel…

Dans cette situation à la Kafka notre contractuel eut la mauvaise idée de se rendre à un jury de thèse. Vous nous direz rien d’extraordinaire, il se trouve être un des rares spécialistes sur le sujet, que la thèse soit dirigée par le Président, Ipse, d’une grande université de Province comme disent les parisiens, lui paraissait de nature à valoriser son très obscur département au-delà de sa modeste personne.

Quand le « chef » exigea un mot d’excuse pour son absence, il crut en plus à une plaisanterie et demanda s’il fallait qu’il sollicite une lettre entre les présidents d’universités pour justifier son inadmissible manquement à sa présence quotidienne…

On ne plaisante pas avec le « chef » et surtout un contractuel ne peut se permettre de sembler dépasser les EC sur le terrain déserté de leur légitimité dans un obscur département d’une université au bord de la carte. Il a reçu une lettre recommandée !


Aes-apprentissage-univ-evry


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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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