Allô l’ATER ? Ici la lune !

vendredi 10 juin 2016
par  Anonyme
4 votes

Vous avez candidaté à plusieurs postes d’ATER et vous attendez encore une réponse (négative, cela s’entend) après plusieurs mois ou années ?
Vous en avez assez d’attendre en vain un mail vous informant que vous n’avez pas été sélectionné (et qui pourtant vous permettrait au moins d’aller chercher un emploi précaire ailleurs) ?
Vous détestez Altaïr et Galaxie, dont tout le monde se fiche royalement bien qu’on vous exhorte à y passer votre temps libre ?
Témoignage.

Chers amis, administrateurs, pédagogues, secrétaires et directeurs, professeurs et chercheurs des établissements d’enseignement supérieur,

Le temps des sélections de nouveaux collègues permanents et provisoires est revenu, et avec lui, celui des candidatures à rédiger, à envoyer, à réceptionner, à évaluer.

Cette missive est un appel à la prudence, à l’entraide et à la politesse. Il est anonyme – pour qu’il ne soit considéré à son tour comme un court-circuitage des parcours traditionnels de candidature, mais qu’il ne porte pas non plus préjudice à ses auteurs – mais aussi général – car l’ensemble des disciplines sont humblement visées.

En ces temps difficiles, les collaborateurs aux statuts les plus précaires font souvent et tout particulièrement les frais d’une situation toujours plus critique. Parmi ceux-ci, comme un symbole, parlons des ATER.

Voilà quelques années que je – je, c’est nous, c’est une multitude de docteurs et doctorants aux profils variés qui s’associent à cet appel – présente ma candidature à des postes d’ATER, dans plusieurs sections, certaines plus adéquates à mon profil bien entendu, et bien sûr dans d’innombrables établissements disséminés sur l’ensemble du territoire. La tâche est longue, et parfois décourageante tant les chances d’obtenir un petit quelque chose paraissent – la plupart du temps, à raison – extrêmement minces.

En trois campagnes passées en moyenne (car certains ne comptent même plus), et pour une bonne soixantaine de candidatures au total – chiffre qui, aux dires de mes camarades de cordée et de témoignage, se situe là aussi plutôt dans la moyenne (car certains ne comptent même plus) – une toute petite vingtaine de réponses seulement – là encore, un chiffre commun, moyen, peu surprenant. Je parle des significations négatives (car une seule réponse positive suffit à faire oublier un temps les dizaines de photocopies envoyées, et la pléthore de formulaires électroniques remplis). L’ouverture d’une dynamique de communication par un tiers implique qu’elle soit prise en considération jusqu’à son terme. Autrement dit, il n’est pas concevable qu’on s’adresse à un interlocuteur sans, par la suite, daigner considérer sa réponse : la confirmation, ne serait-ce que par mail, du résultat des sélections, à chaque candidat, s’impose.
Ménageons un tant soit peu nos futurs compagnons, potentiels ou pressentis, jeunes et moins jeunes, et soignons autant que possible, de l’appel initial à la clôture finale, jusqu’à l’acceptation définitive d’un collègue donc, les procédures de recrutement.
Oui, soignons, et pourquoi pas d’ailleurs simplifions, améliorons encore toutes ces procédures qui constituent une étape cruciale dans la solidification d’une communauté scientifique qui ambitionne de résister au marasme ambiant. Donner une réponse aussi claire que possible à chaque dossier est un aspect fondamental en voie de disparition et qu’il faut, pour ceux qui n’en font hélas plus l’usage, retrouver. Un courriel, même groupé et standard, ne coûte rien mais soulage toujours celui ou celle qui attend qu’on le considère a minima.

Malgré les difficultés traversées par de nombreux départements, en des termes aussi bien temporels, qu’humains et bien sûr économiques... et nous les connaissons désormais depuis des années, et les déplorons ;

Malgré les problèmes d’harmonisation entre les établissements (harmonisation qui est en cours, mais qui comporte son lot d’exceptions et de cavaliers seuls) des procédures de sélection des vacataires, des chargés de cours, des lecteurs et des ATER qui alourdissent, non seulement pour le corps enseignant, mais aussi et surtout pour les décisionnaires et personnels administratifs en charge du recrutement, la période de travail du printemps – sans même parler des concours, mutations et autres entretiens pour les MCF et les PU – … et nous les remarquons, et les déplorons ;

Malgré l’insolente – voire indécente – précarité des contrats quelquefois proposés en lieu et place d’accords minimes et correspondant aux situations réelles, contrats qui hélas trouvent bien souvent preneur-acculé plutôt que d’être renvoyés à l’expéditeur, mais qui toujours mettent en péril aussi bien les petites-forces enseignantes de l’université non suffisamment ancrées que la crédibilité des décisionnaires, quels qu’ils soient, qui les signent… et nous les observons, et les déplorons ;

serrons-nous les coudes et ressaisissons-nous.

En somme, évitons de nous laisser happer par des pratiques plutôt réservées à la frange la plus arrogante de l’entrepreneuriat privé – car pour certaines méthodes, nous universitaires n’avons hélas rien à leur envier... –, et sortons au moins ponctuellement de l’hyper-administration-dématérialisée à l’origine de toutes les fautes dit-on, pour retrouver nos responsabilités et le contact humain, sincère et franc-jeu, qui nous solidarise.
Que les personnes qui ne se sentent pas concernées par la présente missive nous pardonnent d’une éventuelle inclusion dans quelque généralité.

[Anonyme]



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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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