Parcours des agrégés doctorants

Société des agrégés de l’université | par Blanche Lochmann | 29 juin 2015
vendredi 7 août 2015
par  antonin
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C’est reparti pour un tour. Comme chaque année en cette période, les jeunes agrégés ayant obtenu des contrats dans des établissements d’enseignement supérieur ou de recherche doivent se battre contre l’administration sourde et aveugle à leur demande de disponibilité ou de détachement.

À nouveau, cette concurrence idiote entre le second degré et le supérieur qui appartiennent pourtant à la même maison depuis le remaniement de 2014, tandis que les recteurs, également chanceliers des universités,sont censés assurer la coordination des enseignements supérieurs avec les autres degrés d’enseignement.À nouveau, le refus pour raison de service alors qu’ils seront invariablement affectés dans des collèges dans lesquels, selon les textes réglementaires, ils ne devraient être nommés qu’exceptionnellement et qu’ils devraient enseigner dans les lycées et dans l’enseignement supérieur.

Alors qu’ils ont fait la preuve de la qualité de leurs travaux, qu’ils ont travaillé dur pour être classés premiers et obtenir des contrats rares ne pouvant être sollicités deux années de suite, on les place dans une situation inextricable : se rendre sur le lieu d’affectation où personne ne les attend vraiment ou démissionner de l’éducation nationale pour pouvoir enseigner dans le supérieur. Bien plus, ayant été contraints de demander des postes de remplaçant pour avoir une chance d’obtenir le droit d’honorer leur contrat, ils se retrouvent, en cas de refus, dans des postes mobiles qui obèrent durablement la possibilité de poursuivre des travaux de recherche. La double peine.

C’est une situation absurde, qui dure depuis trop longtemps alors même que le faible nombre d’étudiants concernés ne saurait à lui seul remettre en cause le bon fonctionnement des académies et que le nombre de contrats accordés par les universités chaque année est prévisible.

Il y a une mauvaise volonté des rectorats et une absence totale de coordination entre second degré et supérieur, malgré toutes les belles déclarations du ministère sur le bac - 3/bac +3. Il y a aussi un mépris condamnable pour la recherche puisque la condition pour obtenir ces contrats n’est plus la qualité des dossiers soigneusement étudiés et retenus par les universitaires mais un laisser-passer administratif, attribué au hasard, indépendant de tout critère scientifique.

La Société des agrégés demande depuis plusieurs années l’attribution systématique des détachements et disponibilités aux agrégés ayant obtenu ce type de contrat et la reconnaissance du rôle et de l’utilité des agrégés dans le supérieur. Bref, une gestion des ressources humaines intelligente, qui utilise au mieux le potentiel de chacun et accompagne plutôt qu’elle ne sanctionne ou ne pousse au départ. Pour le moment, c’est toujours "la maison qui rend fou" (Cf. l’article ci-dessous).

par Blanche Lochmann

La maison qui rend fou

l’étudiant désireux de faire une thèse

« On vous dit de passer l’agrégation avant de vous inscrire en thèse, ici, c’est une condition pour obtenir le contrat doctoral ! »

À l’agrégé désireux de faire une thèse

Quoi, vous ne saviez pas ? Oui, vous avez obtenu votre contrat doctoral, oui, vous avez dû faire un dossier, le soutenir, oui, vous avez obtenu la première place de l’école doctorale, mais si vous êtes agrégé, vous n’avez aucune chance d’obtenir la disponibilité nécessaire pour en bénéficier. Circulez, un petit tour en collège vous fera du bien !

À l’étudiant ayant passé l’agrégation après sa thèse

Vous avez obtenu le contrat doctoral, parfait, vous avez fini votre thèse, excellent ! Faire valoir votre expérience ? Ça ne va pas non ? Vous avez enseigné cinq ans dans l’enseignement supérieur ? Vous commencerez votre carrière au premier échelon en collège, comme tout le monde !

On perdrait son temps à chercher une logique là-dedans. Les contradictions vont malheureusement finir par venir à bout d’un système qui garantit pourtant le niveau des docteurs, la qualité de l’enseignement des premiers cycles à l’université et la promotion et la valorisation des compétences des agrégés dont le statut prévoit qu’ils enseignent au lycée et dans l’enseignement supérieur.

Or la solution est simple : l’attribution systématique du détachement ou de la disponibilité lorsque contrat doctoral ou contrat d’ATER sont signés après l’agrégation.

Le faible nombre des agrégés concernés n’est pas de nature à remettre en cause la bonne marche du second degré. Et les universités ont, elles aussi, pour les premiers cycles dans lesquels ces doctorants sont appelés à enseigner, besoin d’enseignants très qualifiés.

Notre administration marche sur la tête et passe son temps à rebuter des personnes, pourtant plusieurs fois sélectionnées par son propre système. Quand se décidera-t-on à faire réellement le choix de la promotion des talents ?

Blanche Lochmann (18 juillet 2014)


Lire sur le blog de la SdAU

Illustration de Stephen Criscolo



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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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