La reconnaissance historique du syndicat des doctorant-e-s de New York University

Terrains de luttes | Propos recueillis et traduits par Terrains de luttes | 25 juin 2015
jeudi 6 août 2015
par  antonin
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En décembre 2014, NYU (New York University), prestigieuse université privée américaine, a été la première de son genre à reconnaître un syndicat de doctorant-e-s et à négocier une convention collective. Cette reconnaissance du statut de travailleur des doctorant-e-s (et non pas d’éternel-le-s étudiant-e-s) s’inscrit dans un contexte de revitalisation des luttes sociales américaines depuis Occupy Wall Street en 2011. Elle renvoie aussi, plus largement, aux « réformes » de l’enseignement supérieur qui touchent la plupart des pays capitalistes avancés, y compris la France, dont les effets sont d’accroître la marchandisation de l’éducation et la dégradation des conditions de travail, que ce soit les enseignants titulaires, les vacataires ou les personnels administratifs et d’entretien. Dans l’entretien qui suit, Jonah Birch, doctorant en sociologie à NYU et membre du syndicat Graduate Student Organizing Committee, revient sur la longue lutte qui a débouché sur la reconnaissance d’un syndicat.

TDL : Est-ce qu’il y a beaucoup de doctorants syndiqués aux Etats-Unis ?

J : Cela dépend vraiment des endroits. Les universités publiques sont organisées au niveau local. Et dans les universités publiques de nombreux États, il y a beaucoup de doctorants syndiqués. Dans ces facs là, il y a une tradition ancienne de syndicalisme étudiant. Mais dans les universités privées ce n’est pas le cas. New York University (NYU) est la toute première université où ça arrive. En ce moment il y a des campagnes dans d’autres universités privées, en particulier celles de la Ivy League [1]. Mais à NYU nous sommes les premiers à avoir été officiellement reconnus.

TDL : Comment expliques-tu cela ? Qu’est-ce que vous avez fait pour obtenir cette victoire ?

J : À NYU, cela fait des années qu’on a un comité d’organisation pour les doctorants, le GSOC (grad student organizing committee). Il y a quelques années, on avait une convention collective. Mais cela a changé en 2004, lorsque le National Labor Relations Board (NLRB) a décidé que les doctorants n’étaient pas des employés, et qu’ils n’avaient pas le droit de se syndiquer. Cela voulait dire que les universités privées, qui sont des entreprises privées, n’avaient pas à nous reconnaître. NYU a donc refusé de signer une nouvelle convention collective. Une grève a été lancée, mais elle s’est soldée par une défaite. Ça a été un coup très dur pour nos efforts de syndicalisation. Depuis ce moment-là, l’activité militante était assez faible. Mais à l’automne dernier, ça a commencé à prendre. Et puis assez subitement, NYU est venu nous voir en disant « nous voulons vous reconnaître. Nous voulons vous autoriser à avoir un vote pour la reconnaissance syndicale ».

TDL : Comment expliques-tu que NYU ait accepté de vous rencontrer et de reconnaître le syndicat ? Pourquoi est-ce qu’ils ont fait ça ?

J : D’un côté, c’est clairement le résultat de notre activité militante, et de la manière dont les gens ont exercé une pression constante sur NYU. Cela fait des années que des gens font ça, et qu’ils y mettent vraiment toutes leurs tripes. D’un autre côté, il y a un certain nombre de facteurs très spécifiques qui ont fait que cela a été plus facile pour nous d’être reconnus. Le plus important, c’est la politique immobilière de NYU, qui essaie actuellement d’agrandir son campus et de s’étendre à Greenwich Village. Après l’Eglise catholique, NYU est le deuxième plus gros propriétaire immobilier privé de New York, et l’université a des projets immobiliers de plusieurs milliards de dollars. Et ils ont besoin, en gros, de l’aval de la mairie. Or en ce moment, NYU a mauvaise presse, pour plusieurs raisons. D’une part, la manière dont le syndicat des doctorants est traité. A New York, il y a toujours une tradition syndicale relativement forte, notamment dans le secteur public. Ce qui veut dire que dans le conseil municipal de la ville, les gens sont plutôt favorables aux syndicats. Cela représentait donc un point de pression. Par ailleurs, NYU a construit des campus aux quatre coins du monde, notamment à Abu Dhabi, où les conditions de travail sont abominables. Du coup, NYU cherche à soigner son image publique, à limiter le nombre de catastrophes. De manière plus générale, les dynamiques politiques autour de NYU sont fascinantes, et très importantes. NYU a tous ces liens avec le monde de l’establishment politique, au niveau national. Par exemple, le directeur des opérations de NYU pendant la grève (chief operating officer), Jack Lew – le gars qui a réprimé notre syndicat – est depuis devenu secrétaire du Trésor. Et Cheryl Mills, la principale porte-parole de NYU pendant la grève de 2006, est par la suite devenue cheffe de cabinet du département d’État d’Hillary Clinton.

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 Tactiques contestataires, stratégies démocratiques

TDL : Quel genre de campagne est-ce que vous avez mené ?

J : Notre syndicat a vraiment cherché à toucher les gens. C’était vraiment important de comprendre et de prendre en compte ce que les gens voulaient mettre en avant dans les négociations. On a eu plusieurs réunions pour discuter des problèmes qui nous tiennent à cœur. Mais d’autre part, on a aussi cherché à ce qu’on parle de nous, à exister publiquement. L’une de nos principales inquiétudes, c’était que ceux qui avaient suivi cette lutte disent « c’est bon, ils ont un syndicat reconnu maintenant » et qu’ils nous oublient, alors que le vrai boulot qui consiste à obtenir une convention collective n’avait pas encore commencé. On a donc mis l’accent sur des actions publiques qui soient originales. Par exemple, des manifestations pour montrer à quel point NYU était riche. C’est une université qui a une dotation de plusieurs milliards de dollars. Et eux, ils essayaient de nous arnaquer sur des choses qui ne leur coûteraient pas grand-chose. On a aussi cherché à mobiliser les undergraduates [élèves de premier cycle]. Dans le contexte américain, c’est crucial. S’il n’y a que des doctorants, impossible de gagner quoi que ce soit. Il faut un certain soutien chez les undergrads. Et on l’a eu ! Des groupes de solidarité d’undergrads se sont constitués, notamment des gens qui militaient sur des questions syndicales. Une pétition a tourné, elle a récolté 600 signatures d’undergrads qui soutenaient notre lutte.

TDL : Il y avait uniquement des doctorants, ou aussi des titulaires, des vacataires (adjunct professors [2], des personnels d’entretien ?

J : Il y a plusieurs syndicats à NYU. Les professeurs titulaires ne sont pas syndiqués. Dans les universités publiques, les titulaires peuvent se syndiquer, mais pas à NYU. Les vacataires, eux, peuvent se syndiquer. Et en réalité, avant que notre syndicat ne soit reconnu, une partie de la stratégie de NYU consistait à pousser tous les teaching assistants [3] à être des membres officiels du syndicat des vacataires. Nous étions donc couverts par la convention collective des vacataires. Mais c’était un moyen d’empêcher que les doctorants se mobilisent sur des problèmes plus larges que ceux qui affectent les vacataires.

TDL : Quelle est la différence entre les problèmes que rencontrent les doctorants et ceux que rencontrent les vacataires ?

PNG - 38 ko J : Aux États-Unis, les vacataires occupent une place de plus en plus importante dans l’enseignement supérieur. Parmi les doctorants, on est beaucoup à avoir déjà été vacataires. Ceux qui sont teaching assistants, c’est différent, ils travaillent pour un prof. En général, dans un endroit comme NYU, les doctorants ont, de fait, une relation avec l’université sur le long terme. Certains vacataires travaillent chaque semestre, sur des contrats renouvelés semestre après semestre, parfois pendant vingt ans. Mais nous, notre présence est garantie, pour plusieurs années. Et en général, on est teaching assistant pour un professeur, on n’a pas nos propres cours.

TDL : Est-ce que tu peux revenir sur les désaccords dans le comité de négociation à propos de la stratégie à suivre ?

J : D’une certaine manière, c’est le reflet de clivages plus profonds dans notre syndicat, qui remontent à la grève et même avant. Mais aussi de clivages dans le mouvement de syndicalisation des doctorants à l’échelle nationale. A NYU, le clivage portait essentiellement sur les « relations publiques » : quel poids donner aux actions publiques qui gêneraient NYU. Il y avait aussi beaucoup de questions concernant nos lignes rouges, ce qu’on était prêts à accepter, ce qu’on voulait mettre en avant. Je pense que ceux qui ont pris le contrôle du comité de négociation étaient moins disposés à signer un accord qui ne comprendrait aucune avancée. Or, pendant longtemps, c’était précisément ce type de convention collective qui semblait à l’ordre du jour. « Oui vous avez un syndicat, mais c’est tout ». Et actuellement, aux États-Unis – et pour des raisons tout à fait légitimes – il y a une tendance à dire « pour l’instant, il faut qu’on soit reconnus et qu’on ait une convention collective, et plus tard on pourra rediscuter des termes ». Le problème, c’est que c’est ensuite plus difficile de montrer aux membres du syndicat pourquoi le syndicat est important, et pourquoi c’est important de s’y impliquer. Et ça peut être plus difficile d’établir une véritable présence sur le lieu de travail.

 Négocier publiquement la convention collective

TDL : En France, les négociations publiques sont peu communes. Est-ce que tu peux nous parler de vos comités de négociations ouvertes ?

J : C’est clairement une stratégie de gauche si on arrive à la mettre en pratique. Mais c’est très inhabituel aux États-Unis. Je ne pense pas que ça puisse être mis en pratique dans la plupart des lieux de travail. Le fait qu’on ait pu le faire à NYU reflète en partie la pression politique qui s’exerce sur l’université, autour du syndicat. Mais il y a aussi un argument politique important derrière : plus les vraies décisions sont prises à huis clos, plus c’est facile pour les représentants syndicaux, aussi bien intentionnés soient-ils, d’accepter des choses que la base n’accepterait pas. Je ne suis pas en train d’exagérer et de dire que c’est « nous contre la bureaucratie ». Mais c’est indéniable qu’être plus à l’écoute de la base crée une contre-pression. En même temps, il peut y avoir une tendance– en particulier quand on est de gauche, et en particulier dans un syndicat à l’université, où la situation est très différente du secteur privé – à tenir des positions moralisatrices : « nous devons lutter contre les traîtres et les vendus. Le problème du mouvement ouvrier américain, c’est juste que la bureaucratie nous trahit. » Je pense que c’est inexact. Mais c’est vrai que si on n’arrive pas à mobiliser les gens et à créer une contre-pression à la base, on n’ira nulle part. C’est là le cœur de l’argument en faveur des négociations publiques.

TDL : Comment ça se fait qu’un syndicat de doctorants soit affilié à l’UAW, le principal syndicat automobile américain ?

J : C’est une excellente question ! Voici la manière dont je vois les choses : aux États-Unis, il y a une forte concurrence entre les syndicats pour arriver les premiers sur de nouveaux secteurs, de nouvelles branches professionnelles, qui semblent assez mûres pour être syndiquées. C’est parce que la force d’une organisation dépend énormément des cotisations individuelles, du nombre de membres. La restructuration de l’industrie automobile – qui est moins le fait de la mondialisation que des délocalisations de la production vers le Sud des États-Unis – a porté un coup très dur aux syndicats, et en particulier à l’UAW. Autrefois, l’UAW comptait jusqu’à plus d’un million de membres. Aujourd’hui, ça tourne autour de 200 000. Ils ont cherché à limiter la casse, notamment en s’implantant sur les littoraux. A New York ou en Californie, par exemple, qui sont les systèmes universitaires les plus syndiqués du pays. C’est là que beaucoup de luttes similaires se sont déroulées, il y a quelques années. Ce sont de vrais bastions de l’UAW. L’UAW est présent dans d’autres secteurs : à New York, par exemple, certainEs secrétaires du secteur public, dans certains endroits bien spécifiques, sont affiliés à l’UAW. C’est un patchwork, en fait, et ce de plus en plus.

 Vers la convergence des luttes ?

TDL : Est-ce que vous étiez en lien avec d’autres mouvements, comme par exemple la campagne Fight for 15 à New York ?

J : Absolument. De nombreuses personnes dans GSOC, mais aussi beaucoup de sympathisants, ont été vraiment très impliqués dans le mouvement Occupy. Le campus de NYU est à quelques pas de Zuccotti Park, là où a eu lieu Occupy. Et beaucoup d’undergrads qui ont soutenu notre campagne sont des gens qui ont été radicalisés sur les questions de travail et d’inégalités grâce à Occupy. Mais notre syndicat a également soutenu d’autres mouvements, quoique de manière moins directe. Le mouvement Black Lives Matter, par exemple, ou encore des campagnes de solidarité avec la Palestine, qui est un sujet brûlant sur les campus américains. Le syndicat a globalement apporté un soutien appuyé. Et puis aussi sur d’autres campagnes syndicales à New York. On a vraiment essayé de nouer des liens avec Fight for 15 et de s’investir dans les différentes formes de mobilisation des salariéEs des fast-foods. Ceux qui soutiennent activement notre syndicat sont très impliqués dans toutes les luttes syndicales.

TDL : Est-ce que ça vous a aidé de manière concrète dans votre campagne de mobilisation puis de négociation, ou est-ce que c’était seulement de la solidarité ?

J : Je pense que ça a vraiment aidé, mais plutôt d’une manière indirecte. D’abord, ces campagnes et les liens qu’on a noués avec elles ont permis de normaliser la syndicalisation, les questions liées au travail, les inégalités, et d’en faire des questions importantes sur le campus. Il faut rappeler que NYU est l’une des universités les plus chères pour les undergrads de tout le pays. Les frais d’inscription s’élèvent à plus de 50 000 dollars par an. Une scolarité de quatre ans, ça représente un prêt immobilier. On peut acheter une maison avec ça ! Mais de nombreux undergrads, dans le contexte d’Occupy, ont commencé à réfléchir à ces questions, ainsi qu’à la néolibéralisation de l’enseignement supérieur ; pour eux, ces questions sont devenues absolument centrales. Et ils ont commencé à voir les syndicats comme une solution potentielle. Ensuite, le soutien politique et les pressions sur NYU ont joué un rôle crucial. Sur le plan légal, ils n’étaient pas obligés de nous reconnaître. Le NLRB n’a toujours pas invalidé sa décision, même s’il le fera peut-être un jour. Le fait qu’ils nous aient reconnu est donc lié à la pression politique. Et puis je voudrais ajouter que les liens avec les autres syndicats de doctorants dans l’UAW ont été essentiels. En particulier la section californienne. Ils nous ont donné énormément de conseils pratiques. Tout cela a été très précieux pour nous. On n’aurait pas pu négocier comme on l’a fait sans ces conseils. Et les gens sentent vraiment qu’ils font partie d’un mouvement national. Et dans ce mouvement, d’une approche de gauche bien identifiée. On a des discussions avec des gens dans le Wisconsin, en Californie, dans le Massachusetts.

TDL : Dans les communiqués de GSOC, vous mentionnez l’aide que vous avez reçue de groupes tels que Labor Notes. Est-ce que tu peux en dire quelques mots ?

J : Pour les gens d’AWDU en particulier, Labor Notes est un lieu central pour les efforts de mobilisation syndicale progressistes et dynamiques. C’est de plus en plus le cas depuis quelques temps. Leurs conférences sont beaucoup plus dynamiques, et leur newsletter est vraiment lue par les gens. Notamment les doctorants. Il y a dix ans, ce n’était pas le cas je pense. Les gens d’AWDU ou à la gauche du syndicat se sentent très proches d’expériences comme Labor Notes. Certains ont suivi des formations organisées par Labor Notes, et beaucoup de gens assistent aux conférences. Par ailleurs, les gens essaient de s’engager dans les différents espaces politiques de gauche – dont on connaît, par ailleurs, le poids, aux États-Unis… L’année dernière par exemple, à une session du Left Forum, auquel j’ai participé, la salle était bondée, avec des gens de notre syndicat, des gens venus de Californie, du Wisconsin, du Massachusetts. On essaie vraiment de mettre ces questions à l’ordre du jour de la gauche américaine.

TDL : Dernière question : comment vont tes dents ?

J : C’est une catastrophe ! Dans le cadre de notre campagne, j’ai fait une vidéo témoignant du fait que la prise en charge des frais dentaires pour les teaching assistants classiques était catastrophique. J’ai dû me faire arracher une dent au lieu de me faire faire une couronne. Dans la nouvelle convention collective, on réclamait une meilleure prise en charge des frais dentaires. Parce qu’actuellement, c’est vraiment catastrophique.

Propos recueillis et traduits par Terrains de luttes


Lire sur Terrains de luttes

[1] La Ivy League désigne un groupe d’universités de la côte Est, qui comptent parmi les plus vieilles et les plus prestigieuses du pays : Harvard, Columbia, Yale, Princeton, etc. [ndt

[2] Les « adjunct professors » sont des enseignants du supérieur précaires, embauchés sur des contrats courts, souvent à temps partiel, ne bénéficiant pas de protection sociale. Un récent rapport du Congrès américain estime qu’ils représentent plus de 75% des effectifs enseignants du supérieur.

[3] Equivalent des chargés de travaux dirigés (TD) en France.



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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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