Contractuel de l’éducation nationale : une histoire fantastique et romantique, anecdote des temps modernes...

Nikobe | 14 février 2015
jeudi 26 février 2015
par  Nikobe
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14 Février 2015, « chômeur » non indemnisé depuis le premier septembre 2014, je vois enfin aboutir une partie de mes démarches auprès du rectorat de Toulouse pour lequel j’ai travaillé en tant que contractuel de janvier 2013 à juin 2013, puis de septembre 2013 à août 2014 : hier mon compte à été soldé d’une première allocation correspondant à ma première période d’activité soit 20€...

14 Février 2015, « chômeur » non indemnisé depuis le premier septembre 2014, je vois enfin aboutir une partie de mes démarches auprès du rectorat de Toulouse pour lequel j’ai travaillé en tant que contractuel de janvier 2013 à juin 2013, puis de septembre 2013 à août 2014 : hier mon compte à été soldé d’une première allocation correspondant à ma première période d’activité soit 20€. Oui, 20€ ! Quel bonheur ! Quelle joie !!! Je vais enfin pouvoir payer une petite partie de mes impayés !!! Offrir à mes trois enfants les cadeaux qu’ils méritent et peut-être même payer ma tournée au bar à mes pairs contractuels !!!

20€, c’est trop, vous m’avez sûrement surestimé…. Mais je suis comblé car j’ai déjà une réponse à quoi ce jackpot correspond :

« Bonjour,

Vos allocations de 2013 ont été versées, vous devez les avoir sur le compte, mais le montant est minime : en effet, vous ne vous êtes pas actualisé en 2013, nous n’avons pu payer que le petit nombre de jours où vous vous êtes actualisé.

Vous pouvez contacter votre gestionnaire, Stéphanie VERDIE, lundi après-midi de 13h30 à 16h30 pour les détails.

Bonne réception,
Anne D---
Directrice service emploi Rectorat de Toulouse » 13.02.2015

Alors revenons sur ce parcours bucolique qui m’a mené à être ainsi gratifié :

Mi janvier 2013 - je prends poste dans un établissement pour un contrat qui durera jusqu’à fin juin 2013. Ma première paye s’effectuera fin mars… Entre temps je me sers la ceinture, après tout c’est pour la bonne cause !!

Juillet aout 2013 - je m’inscris au pôle emploi mais mon dossier ne sera accepté qu’après avoir donné tous les justificatifs (fournis par le rectorat). Les papiers tardent à me parvenir, et en ces mois de juillet août 2013 le personnel du rectorat profite certainement du beau soleil du sud et délaisse les bureaux certainement sombres et lugubres à cette période de l’année…

Début septembre, je commence à m’activer un peu plus en me disant que mes démarches aboutiront… Mais, à la mi-septembre, il manque encore le document lambda… Finalement un coup de fil mi-septembre et me voilà de nouveau sur les rails pour 11 mois comme contractuel… Je n’ai plus vraiment le temps de m’occuper des trois mois qui viennent de s’écouler, je veux dire par là que si mes droits sont encore existants, ils seront à tous les coups honorés à la fin du prochain contrat.

Septembre 2014, me revoici inscrit au pôle emploi… Et là, le soleil brillant moins, les correspondances vont être plus aisées. Il va sans dire que malgré tout je suis loin du but !!! Car cet fois-ci il faut « calculer » et monter un dossier pour les deux périodes d’activités… Alors je m’y applique et envoie par courrier les documents qui constituent le dossier auprès du rectorat. Mi-septembre, on me renvoie le dossier, il manque un document. Soit. Je le renvoie. Fin septembre on me retourne une nouvelle fois le dossier, il manque un document, et pas des moindres : la notification de rejet du pôle emploi. Je me retourne vers eux mais ils ne peuvent me fournir ce document que si le rectorat me fournit un reliquat des jours restant à payer. Mais le rectorat a besoin pour produire ce document de la notification du pôle emploi… Orwellien !!!

Malgré tout, je reçois un document daté du 12 Novembre de la part du rectorat constatant que mon dossier est complet… Je me dis, super, les enfants vont enfin avoir leur place de cinéma… Et puis j’attends, une semaine, puis deux, puis trois, puis début janvier n’ayant plus de nouvelles, je recontacte le rectorat (difficile à joindre – car souvent en réunion ou en déménagement ou encore un personnel changeant)… Et devinez quoi  ?! Eh bien il manque encore des pièces à mon dossier…

Ah oui, c’est vrai, je viens de comprendre il s’agit de mon dossier 2014, celui de 2013 étant lui complet (ce fameux document du 12 novembre qui pour moi signifiait que mon dossier d’allocation dans l’ensemble était complet – quel idiot suis-je ?!), ou plutôt on me le fait comprendre – après tout lire entre les lignes n’est pas mon métier… Donc merci aux personnels du rectorat pour m’avoir éclairé. Donc retour à la case départ : il me manque la notification de rejet du pole emploi de 2014… Mais cette fois, un peu mécontent de moi-même de ne pas avoir compris cela tout de suite, je décide d’écrire un courriel « d’excuse » au rectorat (envoyé le 30 janvier 2014) :

« Bonjour,

je vous souhaite tout d’abord un bon début d’année et un bon retour sur votre poste. (-entre temps la personne qui s’occupait de mon dossier avait été remplacée-)

Je souhaiterai être informé au plus vite de l’état d’avancement de mon dossier (notamment du calcul des indemnités et de la date de versement). Votre remplaçante Mme J_____ ayant confirmé par courrier postal que le dossier d’allocation était complet à la date du 12 novembre 2014 et qu’à la date d’aujourd’hui (30 janvier 2015) ce sont presque trois mois qui se sont écoulés. Comme beaucoup d’autres je suis confronté à de très grosses difficultés financières. Je compte sur votre travail pour que cette situation ne perdure.

Par avance merci,

Cordialement,

M. BEZY »

Pas de réponse…. Il doit faire trop froid, me dis-je en mon fort intérieur, et la dactylographie ne réchauffe guère les travailleurs de bureaux… Donc, je rappelle directement. Cette fois c’est la directrice qui me répond et me rassure, « bien sure nous faisons du mieux que possible et patati et patata…. »

Le jour même, ô miracle !!! Je reçois le document tant attendu : le reliquat (ce mot a déjà quelque chose de sacré, et donc, ce pour quoi il doit être si difficile à produire) accompagné d’un mot doux de la directrice :

Bonjour,

Comme suite à notre conversation de ce jour, je vous prie de bien vouloir trouver en PJ l’imprimé de liaison demandé par Pôle Emploi.

Je vous en souhaite bonne réception.

Bien cordialement,

Anne D----
DIRECTRICE

Envoyé : lundi 9 février 2015 16:59 À : Chomage

Et voilà, je peux aller au pôle emploi en milieu de ce mois de février 2015 demander le document que je renverrai au rectorat en étant sûr que le printemps sera bientôt là, et que refleuriront mes meilleurs sentiments à tous ces fonctionnaires qui travaillent durent pour faire valoir les droits de leurs intérimaires de terrain qui entre temps pensent à la bohème et se disent que la misère est certainement plus douce dans le sud de la France qu’elle ne le saurait prés de la Manche…

A suivre… Ou à survivre….


P.S. : je ne suis pas rentré dans tous les détails, mais dans cette histoire il faut bien comprendre que le rectorat est bien évidemment la victime de la froideur de leur travail, et moi, bien sûre ne suis le grand coupable de mon ignorance et de mes variations d’humeurs selon les saisons !!!

P.S.2 : je suis prêt à partager une partie de mon récent pactole à une âme charitable qui pourra m’expliquer pourquoi (parfois) faire valoir ses droits est si long alors qu’honorer ses devoirs est instantané et ne demande presque toujours aucun justificatif.



Commentaires

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mercredi 8 juillet 2015 à 19h01 - par  Labio

Inadmissible, incompréhensible... J’ai été confronté également à ce jeu de ping-pong entre fac/PE (bon tout c’est arrangé, enfin on verra lors du calcul de mes prochaines alloc. chomage).
Une chose à vous dire : courage et tenez bon !

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lundi 6 avril 2015 à 05h52 - par  nikobe

Début avril 2015. Huitième mois d’attente. Un courrier fin mars m’annonçant que l’on me doit tant… Mais toujours pas d’indemnisation des services publiques. De son coté la Caf m’annonce : « Le versement de vos prestations est interrompu. » (et je ne sais pas pour quelles raisons)

Jusqu’au bout j’ai joué le jeu, donné aux deux instances les informations sur ma situation…

Cela ne semble choquer personne… Une famille de cinq personnes se retrouve en situation de pauvreté à cause de lenteur administrative. Que faire ?

Je vois plusieurs solutions, mais dans le contexte actuel, celles-ci relèveraient du terrorisme… Cela-dit, quand on a plus rien à perdre…

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mercredi 25 mars 2015 à 15h10 - par  Beurk

Bonjour,
Mon conjoint est dans une situation très similaire à la votre, pas d’indemnités depuis novembre 2014. C’est impossible, je ne comprends pas qu’on puisse en arriver là. Financièrement, c’est très difficile et humainement c’est dégueulasse. Comme vous dites, on doit répondre à nos devoirs immédiatement mais nos droit ont été oublié ...
Que pouvons-nous faire ?
Cordialement,

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Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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