L’Ecole Polytechnique invente la précarité "haut de gamme" : Maître de conférences vacataire !

dimanche 15 février 2015
par  antonin

L’école polytechnique recrute un Maître de conférences en français langue étrangère. Particularité du recrutement : il s’agit d’un poste incomplet de 90h pour une personne déjà en poste !

Tout d’abord voici l’annonce publiée sur le site de l’École Polytechnique :

Poste de Maître de conférences ’à temps incomplet’ en français langue étrangère (FLE)

Département des Langues et Cultures,

École Polytechnique-Université Paris Saclay

Ce poste est un poste cumulant réservé à un enseignant chercheur de haut niveau. Le candidat doit justifier d’un emploi principal. Ce poste est ouvert à tous les candidats correspondant au profil recherché sans distinction de nationalité ou d’origine.

Diplôme requis : Le ou la candidat(e) devra justifier d’un Doctorat en français, linguistique ou littérature.

Expérience :

Une expérience dans l’enseignement supérieur est exigée. Le ou la candidat(e) doit avoir une bonne expérience de l’enseignement du français langue étrangère (cours généraux et thématiques à fort contenu culturel) à des groupes linguistiquement et culturellement hétérogènes de tous niveaux (A1 à C2). Il est souhaitable que le/la candidat(e) propose dans son dossier de candidature des cours thématiques innovants qui complèteront l’offre de cours actuelle de la Section de français du Département des Langues et Cultures.

Une expérience d’enseignement au sein de grandes écoles constituera un avantage. Une bonne connaissance des milieux universitaires étrangers et des élèves qui en sont issus sera appréciée, l’École étant soucieuse de son ouverture à l’international.

Le ou la candidat(e) aura le goût du travail en équipe et la capacité à s’intégrer au sein de l’équipe enseignante du Département des Langues et Cultures. Il ou elle sera capable de proposer et mener des projets pédagogiques et culturels hors des sentiers battus au sein du Département, de l’École et/ou engageant des collaborations avec nos partenaires institutionnels. Une expérience des nouveaux types d’enseignement proposé grâce au numérique sera valorisée.

Charges d’enseignement et responsabilités pédagogiques :

La charge d’enseignement est de 90 heures par an. Le/la candidat(e) sera rompu(e) aux nouvelles technologies de l’enseignement. Il ou elle sera chargé(e) des tâches afférentes à l’organisation des études de langue à l’École (réunions, rédaction de fascicules, charges de certains pôles pédagogiques, préparation des sujets, surveillance des épreuves, correction, collaboration avec divers services de l’École). Au-delà des charges d’enseignement, il ou elle devra assurer un suivi individuel des élèves et participer activement aux sorties et évènements culturels organisés par la Section de Français.

Charges administratives :

Le/la candidat(e) sera chargé(e) de quelques responsabilités administratives au sein de la Section de français et en concertation avec la coordinatrice de la section, ces responsabilités pourront concerner : l’organisation des programmes Masters, des programmes internationaux, ou du tutorat de français et / ou toute autre mission que le coordinateur de la section jugera indispensable au bon fonctionnement de la Section et au service des élèves.

Recherche :

Outre l’excellence dans l’enseignement et dans le service rendu aux élèves, l’École Polytechnique-Université Paris Saclay valorise la recherche scientifique et le rayonnement international. Le candidat sera donc amené à poursuivre ses recherches dans les domaines qui sont les siens au sein de son laboratoire de recherche et devra également s’intégrer aux projets de recherche et de publication de la Section de français. Les Presses de l’École Polytechnique ont plusieurs collections dédiées aux langues et cultures.

Ce poste nécessite donc une forte implication et une certaine disponibilité. À cet égard, deux demi-journées devront être dégagées pour les activités d’enseignement et hors enseignement. La présence à des assemblées générales le samedi matin est également à prévoir (3 assemblées par an).

Il est impératif de joindre un projet d’enseignement et un projet de recherche au dossier de candidature en ligne.

Contrat :

Le premier contrat est un contrat de deux ans et débutera le 1er septembre 2015.

Il est susceptible d’être prolongé par un contrat de 5 ans, renouvelable une fois. La durée maximum d’enseignement à l’École Polytechnique ne pourra excéder 12 ans.

Ce poste incomplet vise une personne déjà en poste et est ainsi dénommé "poste de cumulant de maître de conférences à temps incomplet". Bien que l’École Polytechnique dépende du Ministère de la Défense et non du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ce type de caractéristique relève des vacations de la fonction publique. Ce n’est normalement pas un "contrat" de CDD puisque la personne est déjà en poste mais un complément d’activité pour lequel l’établissement publique s’exonère des paiements de charges sociales, droits au chômage, congés payés, retraites, ... [1] Cependant ledit poste fait l’objet d’un contrat de deux ans qui plus est est susceptible d’être prolongé par un autre de 5 ans renouvelable 5 ans également.... !! Et cela s’arrête là car l’École Polytechnique limite la durée d’enseignement à 12 ans...

Alors il s’agit d’un contrat de vacations "sauce maison" de l’École Polytechnique qui jongle sur les règlementations ou tout simplement un super-contrat de chargé de cours pour un invité de marque voire pire une maître de conférence déjà en poste à l’École à qui on veut proposer des heures supplémentaires "sur contrat"... Les voies de l’enseignement supérieur sont toujours aussi impénétrables !


Source de l’annonce sur Fabula

[1] Tous les détails sur les vacations dans notre article à consulter ici.



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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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