[Lyon 2] Assemblée générale : Enseignants Vacataire

Rebellyon.info | 02/09/2014
mercredi 3 septembre 2014
par  antonin

Les lois d’autonomie des universités (LRU et Fioraso) s’articulent à la politique de rigueur budgétaire déjà bien en place dans l’Enseignement supérieur et l’État exige des universités qu’elles en fassent plus avec des moyens constants ou en baisse. Résultat, la précarité se généralise et c’est le personnel vacataire qu’il soit administratif, technique ou enseignant qui en fait en premier les frais. L’État confirme jour après jour son statut de plus mauvais employeur de France.

Face à la dégradation des conditions d’emploi et de travail, les universités se mobilisent. Ainsi, à Tours, Caen, Bordeaux ou Paris, des personnels non titulaires (doctorants-vacataires, contractuels, docteurs non titularisés, agents administratifs...) se sont organisés en collectif pour faire entendre leurs voix auprès de leur présidence et du ministère. En effet, ces catégories de personnels constatent l’extrême précarité de leur situation, renforcée par la mise en place précipitée et forcée des Communautés Universitaires et d’Établissements.

Assemblée générale mercredi 10 septembre à 16h sur le campus des Quais de Lyon II. 4bis Rue de l’Université, 69007 Lyon

 Le cas des personnels enseignants non titulaires

Afin de pallier le manque de personnel enseignant engendré par la politique d’austérité budgétaire, les universités ont recours massivement aux vacataires. Dans le cas de l’université Lyon II, les vacataires sont souvent des doctorants non financés ou des docteurs non titularisés. Ainsi, dans le département de science politique, des cours entiers sont assurés par des vacataires (CM et TD).

Se faire accepter par l’Université au statut de vacataire est un vrai parcours du combattant : Il faut être inscrit en doctorat, sans quoi le contrat de travail ne peut être émis. Mais les inscriptions ne sont ouvertes qu’au 1er octobre dans certaines disciplines. Par ailleurs, faut-il rappeler que la diminution du nombre de financements de thèse implique que les vacations sont la principale source de revenu pour beaucoup d’entre nous ? Comment payer alors des frais d’inscriptions de plus de 600 euros si nous ne sommes pas rémunérés au préalable ? C’est le serpent qui se mord la queue avec pour conséquence la précarité qui devient la norme. Ces frais d’inscription exorbitants pour ceux d’entre nous qui ne sont pas financés amènent à reverser une partie de notre salaire net à notre employeur : l’université.

Sur un salaire net de 705 euros pour un TD de 21h, que reste-t-il pour vivre lorsque nous reversons environ 600 euros en frais d’inscription à notre employeur ?

Une fois acquis et quel que soit le statut, doctorant-e-s ou docteur-e-s, les contrats de vacations sont bien souvent flous et façonnés dans le but d’exonérer les universités de cotisations sociales. Nous sommes ainsi limités à un volume horaire de 96 heures/an afin que l’université ne soit pas considérée comme notre employeur principal. Si nous désirons effectuer plus d’heures, nous devons nous déclarer en auto entrepreneur (ce qui est en réalité également très compliqué) ou justifier une activité professionnelle principale d’au moins 900 heures/an ce qui est bien évidemment incompatible avec la réalisation d’une thèse. Ces restrictions administratives nous conduisent donc parfois à travailler au noir (en demandant à d’autres vacataires ou titulaires de déclarer nos heures). Nous signons le plus souvent notre contrat de travail plusieurs mois après avoir débuté les cours. Qu’en est-il de notre responsabilité civile vis-à-vis des étudiants durant cette période ? Quant à notre salaire, il est versé au mieux trois mois après les heures effectuées, parfois plus, ce qui accentue notre situation de précarité financière et peut éventuellement nous mettre en situation de porte à faux vis-à-vis de Pôle Emploi lorsque l’on touche les allocations chômage, entrainant parfois la suspension du versement des indemnités.

Etre payé à l’heure de cours signifie que l’ensemble des tâches annexes nécessaires à l’activité d’enseignement (préparation des cours, réunions d’équipes, surveillance des partiels, correction des copies, suivi des étudiants...) équivaut à du travail gratuit.

 Face à cette situation toujours plus catastrophique nous demandons :

  • gratuité de l’inscription pour les doctorants employés par l’université, quel que soit leur statut
  • un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative
  • le paiement mensualisé dans le mois qui suit les heures effectuées
  • la précision dans le contrat de travail du délai des rémunérations ainsi que des "tâches annexes" à la charge d’enseignement qui doivent être rémunérées
  • le paiement des surveillances de partiels
  • l’envoi immédiat de la feuille de paie en même temps que le versement du salaire
  • un engagement ferme sur la tenue des TDs au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre,
  • l’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF
  • la limitation à 30 étudiant-e-s par TD
  • le remboursement des déplacements pour les vacataires n’étant pas de Lyon
  • le remboursement par l’université de 50% de l’abonnement de transport
  • la simplification de la procédure d’inscription en doctorat
  • une harmonisation des contrats de travail entre les différentes composantes

 Appel à la mobilisation

Un certain nombre d’entre nous s’est organisé l’année dernière en collectif au sein du syndicat Sud Éducation afin de faire remonter ces revendications à la présidence et à la DRH de l’université Lyon II. Malheureusement, ces derniers ont ignoré nos demandes répétées de dialogue (trois demandes de rendez-vous ont été envoyées par mail en juin) révélant leur mépris face à notre démarche. Ce manque de considération nous révolte d’autant plus que nous avons la charge de la majeure partie des heures d’enseignement.

À l’heure de la rentrée universitaire et de la mise en application de la CUE, nous considérons donc qu’il est urgent que nous nous organisions plus massivement pour faire entendre notre voix auprès de la présidence. La précarité des conditions d’emploi et de travail est intolérable dans l’Enseignement supérieur comme ailleurs !

Assemblée générale mercredi 10 septembre à 16h sur le campus des Quais de Lyon II. 4bis Rue de l’Université, 69007 Lyon


Lire sur Rebellyon.info

Contact : sudlyon2 at sud-arl.org



Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Mai

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234

Brèves

Le vieux lion est mort

vendredi 14 octobre 2016

C’est avec grande tristesse que nous apprenons la disparition d’Henri-Edouard Audier. Henri était un pilier dans la lutte pour défendre l’Enseignement supérieur et la recherche en France. Cette pugnacité dont il faisait preuve était accompagnée d’une précision dans ses propos grâce à sa grande connaissance des rouages du système. Par son admirable travail d’analyse, il nous a permis de nous défendre avec rigueur contre les effets de communication et de manipulation des différents gouvernements. Il pouvait analyser d’un côté des chiffres budgétaires de tout l’ESR avec une admirable précision et d’un autre côté soutenir la cause des précaires de la recherche. Nous n’oublierons jamais le soutien qu’il a apporté à PAPERA et de sa grande prévenance lors de nos différentes discussions avec lui. Il nous manquera à tous.

A lire le Texte d’Alain Trautmann

Universités : Victoire à Paris 8, grève à Paris-Est

mardi 7 avril 2015

[Politis, Par Ingrid Merckx - 3 avril 2015]

11 semaines. Il aura fallu tenir 11 semaines de grève pour que les bas salaires de l’Université de Paris 8 obtiennent gain de cause.

Le 3 avril, le Collectif des bas salaires a décidé de suspendre le mouvement.

« Si le conflit a duré au-delà de la seconde proposition de la présidence, à savoir le rehaussement à hauteur de 70 euros bruts pour l’ensemble des catégories C titulaires, c’est parce que cette proposition a été jugée insuffisante et n’incluait pas les contractuels « sur fonctions non pérennes ». Elle a été rejetée massivement par l’ensemble des personnels présents à l’assemblée générale qui s’est tenue le 5 février. (...)

A l’issue du conflit qui a opposé le collectif des bas salaires à la direction, les négociations ont permis d’acter une augmentation de 70 euros bruts minimum pour l’ensemble des personnels titulaires et contractuels sur fonctions pérennes. »

Nouvelles de la mobilisation des vacataires de Lyon 2

vendredi 6 mars 2015

[Le Progrès, 04 mars 2015, M.F.] (...) Selon Jean-François Goux, vice-président aux finances, il ne reste plus que 11 contrats non signés et ils le seront au plus tard ce vendredi. Sur ce volet, la situation des enseignants vacataires s’améliore mais ceux-ci réclament aussi de meilleures conditions de travail, notamment des TD moins chargés, ainsi que l’exonération de leurs frais d’inscription en tant qu’étudiants. Ils maintiennent la pression en refusant de transmettre les notes des étudiants à l’administration. Selon un vacataire, une cinquantaine de vacataires suit cette consigne. Jean-François Goux ramène ce chiffre à une dizaine, tout en admettant qu’il ne parvient pas à obtenir des données précises auprès des composantes les plus mobilisées. En ce qui concerne l’exonération, impossible de prendre une décision seulement à Lyon 2, répond-il en substance. Cela s’inscrit dans une politique de site, et doit être commun au sein de l’université de Lyon. D’après une enseignante vacataire, les jurys sont aussi suspendus dans quatre composantes : sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie. Il s’agit d’un soutien politique à nos revendications » affirme-t-elle. Après le rassemblement du matin, une assemblée générale est prévue au sein de la grande université lettres et sciences humaines.

Retenues de notes à Paris Sud

samedi 14 février 2015

Les enseignants de biologie de l’Université Paris Sud ont décider en signe de protestation de procéder à une retenue des notes des examens. Depuis la semaine dernière, il y a eu deux assemblées générales qui ont réunies 250 puis 350 personnes (pas seulement en biologie mais majoritairement). Les étudiants et les personnels (2/3 vs 1/3) mobilisés ont ensuite interpeller directement le président sur la mise en place d’un budget d’austérité sur Paris Sud. En effet, même à Paris Sud qui a un budget moins serré que d’autres universités, la situation s’aggrave d’année en année. La mesure "phare" de l’année étant la suppression de tous les ATER (Attachés Temporaire d’Enseignement et de Recherche).

La mobilisation continue et l’AG du 12 février a proposé un évènement parisien pour la première semaine du mars auquel d’autres universités pourraient se joindre...

Lyon 2 : les enseignants vacataires poursuivent la grève

jeudi 12 février 2015

Lors de l’Assemblée générale de ce mercredi, les vacataires de Lyon 2 ont décidé de reconduire leur grève jusqu’au vendredi 13 février inclus. Il faut dire que les grévistes avaient fait part de leurs revendications (pas de contrat, ni de rémunération pour certains vacataires depuis la rentrée de septembre) à la présidence de l’Université et que la réponse avait été jugée « insatisfaisante ». « La présidence esquive ses responsabilités en rejetant la faute à des niveaux administratifs inférieurs ou supérieurs sans assumer ses choix politiques budgétaires », dénonce le collectif des vacataires de Lyon 2. Au-delà de ce constat général, une réponse détaillée sera apportée collectivement à la direction des ressources humaines ce jeudi à 10h.
[Lyon Mag, 04/02/2015]

Sur le Web : Lire sur Lyon Mag
Soutenir par un don