[Recherche] Travailler sans couverture et sans contrat

jeudi 29 janvier 2015
par  Anonyme
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[Témoignage] Sous la tyrannie d’une gratte-papier depuis trois mois

Cela fait trois mois que je travaille officiellement sur un projet de recherche sans être couverte. Il s’agit d’un contrat que mon laboratoire a passé avec un musée. Le musée a payé son dû en juillet, l’Université fait traîner...

J’ai commencé la recherche en septembre, me déplaçant beaucoup avec mon véhicule pour faire des entretiens et avancer. J’avais prévenu que je ne pourrais pas me permettre de rester trois ou quatre mois sans revenu, comme cela s’était passé avec d’autres, avant moi, au sein de ce laboratoire. On m’avait promis que cette fois, tout se ferait dans les temps et que je signerais mon contrat le 1er octobre.

Le 5 octobre, étant surprise de n’avoir toujours pas été contactée pour signer ce fameux contrat, j’appelle la responsable administrative et financière de notre laboratoire qui me dit que "non, non il n’est pas prêt" "et puis là, il ne sera pas prêt avant le 15 octobre"...

Très bien, me dis-je, il fallait s’y attendre avec cette femme connue de tous pour n’en faire qu’à sa tête et selon les têtes. Entre temps, je ne juge pas utile d’aller faire des papiers du côté de Pôle emploi puisqu’il s’agit d’une affaire de dix jours....

Vers la mi-octobre, je rappelle la responsable de mon destin financier et moral qui me confirme que "non, non, il n’est pas prêt...et il ne sera pas prêt avant la fin novembre"...Bon, ça commence à sentir le vinaigre...Mais je n’ai pas le temps d’aller à Pôle emploi, et je sais que l’argent du musée est arrivé, le contrat devrait quand même se faire...

Enfin, nous voici début décembre et toujours pas de contrat ! Quelques petits frais de mission m’ont été remboursés mais à peine de quoi faire manger trois poules !

Heureusement, le Pôle emploi prend en compte les dérogations...j’espère qu’ils prendront en compte mon cas afin que je puisse au moins récupérer les trois semaines du mois d’octobre.

Le pire c’est que ce contrat est daté au 4 novembre !!!! Mais où est-ce que se perd un contrat pendant un mois ????

Pour cette connerie de recherche, j’ai dépensé toutes mes économies...Il ne me reste plus rien.

Non, non, je ne suis pas masochiste...mais il se trouve qu’au sein de ce laboratoire, j’ai une thèse à finir. Sans quoi, je crois que j’aurais quitté le navire avec pertes et fracas dès la mi-octobre.

De fait, je me retrouve dans une situation délicate : d’un côté je n’ai plus un sou, pas de contrat, pas de couverture mutuelle, pas de moyen pour payer mes frais d’inscription en doctorat...et de l’autre, je me dois de couvrir le laboratoire et donc l’Université aux yeux du musée, en fournissant les rapports attendus, en continuant de faire comme si tout allait bien.

Le seul pouvoir qu’il me reste est de refuser de payer mon inscription à l’Université, n’en ayant de toute façon pas les moyens. Je ne comprends pas pourquoi la date limite a été aussi avancée (de mars à décembre).

La recherche, dans ces conditions, n’a pas d’avenir !

[Anonyme]


Illustration by Brian Stauffer.



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Brèves

Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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