Contrat, salaire : de jeunes chercheurs attendent un salaire

jactiv.ouest.france.fr | par Sébastien BRÊTEAU | 21/05/2014
lundi 7 juillet 2014
par  antonin
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L’année est finie est certains ne sont pas payés. À Caen (14), une quarantaine de thésards donnent des cours et se considèrent comme « précaires de l’université ».

« On passe notre temps à servir une institution qui ne nous reconnaît pas. » Ils l’ont mauvaise, les jeunes chercheurs vacataires qui donnent des cours à l’université tout en préparant leur thèse. Pas de contrat de travail, des salaires qui ne tombent pas... Une quarantaine de personnes est concernée à Caen (14).

Sociologue, Simon, 27 ans, est en première année de thèse. Pour financer ses recherches, il a obtenu une centaine d’heures de chargés de cours. Mathieu, lui, a soutenu sa thèse de géo en décembre. Il a également obtenu des vacations. Si d’autres activités antérieures leur ont ouvert des droits à Pôle emploi, « ces heures de cours sont aussi alimentaires ».

Mais ça coince... Plusieurs de ces vacataires n’ont pas encore été payés alors que l’année est terminée. Certains ont tout juste signé un contrat de travail. « Être obligé de réclamer un salaire pour un travail effectué, c’est fort, s’étonne Simon. Et pendant ce temps-là, il faut aussi qu’on avance nos recherches. »

« Précarité institutionnalisée »

Les vacataires parlent de ce malaise autour d’eux. « On a eu des soutiens individuels, reconnaît Mathieu, mais dans de nombreuses disciplines, il semble que la précarité soit devenue une institution. Tout le monde a l’air de faire avec. »

À l’administration centrale, on concède « des problèmes, des lenteurs, des retards », selon Nathalie Hauchard-Seguin, directrice générale des services qui prône « une déconcentration de la gestion des vacataires » vers les unités de formation et de recherche (UFR). La directrice générale assure que les procédures seront plus rapides l’an prochain, que les contrats seront signés à temps et les paies mensualisées.

Les vacataires ne demandent qu’à y croire tout en attendant une titularisation à laquelle ils croient de moins en moins. « Je les comprends, poursuit Nathalie Hauchard-Seguin, mais la situation n’est pas comme ça dans tous les domaines. On diffère des recrutements par souci d’économie mais il y aura des postes, d’abord là où il y a un besoin d’encadrement. Comme en psycho...  »

Pour le moment, les vacataires attendent : « L’université est d’accord pour dire qu’elle est dans l’illégalité mais elle sait aussi qu’on aime ça, qu’on en a besoin pour vivre et pour garnir notre CV. » Simon, Mathieu et les autres devraient être payés au plus tard début juin.

par Sébastien BRÊTEAU


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Commentaires

lundi 23 février 2015 à 21h12

N’hésitez pas a faire une demande officielle au fond social de l’université (comité obligatoire depuis la mise en place de l’autonomie des Universités). Pour ma part, je ne percevais pas mon salaire d’IR depuis 3 mois alors que l’industriel pour lequel je travaillais avait versé sa part à l’Université... Je n’avais plus un sous et ca commençait a etre franchement la galère lorsqu’un ami m’a proposé de faire une demande de crédit à taux 0% auprès du fond social de l’université en exposant le probleme de la lenteur administrative. Miracle, 24h aprés l’envoie de l’ordre du jour du comité j’étais convoquée pour signer mon contrat et j’ai eu une "avance" sur salaire de 80% des 3 mois écoulées en 3 j... Bon la secrétaire au bureau des RH faisait la gueule pour la signature du contrat mais je m’en moquais ! Apres quelques explications, il semblerait que tout ce qui est exprimé en réunion pour le fond social est analysé pour l’évaluation de l’établissement et ça fait mauvais genre le travail au noir....

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Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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