[CNRS] Quels critères pour les recrutements en section 35 ?

par Anonyme, reçu le 11 avril 2013
vendredi 19 avril 2013
par  Anonyme
7 votes

Au vu des résultats publiés récemment par la section 35, on peut légitimement s’interroger sur les choix faits par le jury, autant pour les recrutements de DR [Directeur de Recherche] que pour les CR [Chargés de Recherche].

Lorsqu’à l’issue d’un concours de recrutement du CNRS on est classé sur liste complémentaire, on peut légitimement voir un signe encourageant lancé par le jury et espérer être recruté l’année suivante. Quand, l’année suivante, le nombre de postes ouverts est deux fois plus important, que le projet présenté est plus lourd et mieux abouti, le candidat ne peut qu’être optimiste. Quelle surprise alors, quand tombent les résultats, de voir que la plupart des candidats classés sur liste complémentaire l’année précédente ont tout bonnement disparu du nombre des admissibles, chez les DR comme chez les CR !

Quand par ailleurs on connaît la valeur de certains de ces candidats (et leur nombre impressionnant de publications, colloques, etc.), et qu’on compare leur CV avec celui de certains recrutés, on ne peut que s’interroger sur les critères ayant présidé à la composition de la liste des admissibles. Quel étonnement, en effet, de voir que parmi eux figurent bon nombre de "poulains" des membres du jury, qui semblent avoir recruté exclusivement des candidats évoluant dans LEURS thématiques de recherche et qui pour une bonne part ont fait leur thèse / occupent un poste contractuel dans les labos auxquels appartiennent les membres de la commission de recrutement.

Ne peut-on y voir un effet du changement de la commission, qui a tout bonnement balayé d’un revers de main le jugement porté par la commission précédente sur la valeur des candidats, en ne prenant aucunement en compte les classements de l’année précédente ? Peut-on supposer que cette nouvelle commission ait décidé de remettre au goût du jour le mandarinat, en ne tenant aucun compte des projets qui ne rentraient pas exactement dans les thématiques de recherche des membres de cette commission pour pouvoir plus aisément placer leurs poulains ?

Par ailleurs, on peut s’étonner que certaines thématiques soient totalement absentes des profils recrutés alors qu’elles étaient considérées comme prioritaires l’année précédente, alors que d’autres thématiques se taillent chaque année la part du lion.

Que dire, alors, aux jeunes candidats au CNRS, qui croyaient encore en l’intégrité des jury et en la valeur du travail plus que du piston ? Dans un pays où la recherche en sciences humaines ne peut être faite ailleurs qu’au CNRS, faut-il cantonner des chercheurs qui ont prouvé leur valeur en publiant chez des éditeurs reconnus / organisant des colloques de qualité / participant à des projets internationaux / montant des projets ERC [1], à enseigner en collège pour que d’autres moins valables aient une place au soleil ? Faut-il, pour que les pratiques détestables de favoritisme et de mandarinat puissent tranquillement se poursuivre, continuer à se taire ?

Jeunes chercheurs en poste, mobilisez-vous pour faire changer le système de l’intérieur, pensez à ceux qui vont baisser les bras devant tant de déloyauté : en ces temps de panique budgétaire, le CNRS ne peut pas se permettre de recruter des médiocres et de perdre des chercheurs de qualité, qui finiront par partir à l’étranger ou par se résigner à abandonner la recherche.

[Anonyme]


[1] ERC : European Research Council.



Commentaires

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mardi 23 avril 2013 à 21h46 - par  valeto

Je suis tellement d’accord avec ce qui a été écrit... J’ai moi aussi été classée l’an dernier en 35 : nous avons tous disparu cette année, sans commentaire et bien sûr sans explication. La suite est intéressante aussi. J’ai été classée 3 ans en commission interdisciplinaire, (avec nombre d’encouragements à revenir, à ne pas baisser les bras, dans le genre "l’année prochaine c’est pour toi"). Cette année : changement de commission. Je ne suis pas même auditionnée. J’attends de voir les résultats, mais j’ai déjà une petite idée. Je suis comme vous souvent acceptée à l’étranger pour des conférences internationales pour lesquelles, vous le savez, nous sommes sélectionnés par un comité scientifique indépendant et sur des propositions anonymisées... Désespérant de voir combien l’anonymat devient profitable à ceux qui n’ont pas de "mandarin" derrière. Peut-être pourrait-on au moins s’allier ? Je pense notamment à une lettre ouverte et largement diffusée.
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Je gagne 1700 euro et j’avance 650 euro par mois pour les kilomètres

vendredi 22 novembre 2013

Bonjour,
Je travaille pour l’Éducation Nationale dans une structure très particulière, je me déplace sur 2 départements : je gagne 1700 euro par mois et je dois avancer TOUS LES frais ; je suis remboursé avec un décalage de 3 mois et sur une base SNCF ET évidemment j’utilise ma PROPRE voiture. Je suis évidemment contractuel depuis 2004 mais j’ai changé 3 fois d’académie, j’ai des "trous" dans mon état de service et donc je n’ai jamais pu être titularisé (ni en 2000 ni cette année).
[par Anonyme]

Montpellier Université : le temps des postes tirés au sort

lundi 3 octobre 2011

On l’appellera Françoise pour la protéger malgré sa cartouchière de diplômes correspondant à bac + 10. Trentenaire montpelliéraine, la jeune docteur en sociologie, spécialisée dans les institutions et l’administration, enseigne depuis deux ans dans les facs et lycées parisiens.

En 2010, elle est vacataire dans le supérieur et contractuelle dans l’Éducation nationale (option SES) en 2nde et 1ère. Pour cette rentrée, elle est certaine qu’un poste à mi-temps d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) lui est attribué par la commission scientifique universitaire. Pas la lune : 1 200 € par mois plus une prime annuelle sensiblement équivalente mais de quoi être rassurée quant à l’avenir immédiat et pouvoir poursuivre ses travaux de recherche.

Pour compléter l’enseignement aux étudiants, un autre mi-temps est confié à l’une de ses jeunes collègues. Françoise prépare ses cours pendant l’été, regagne Paris. On lui demande de démarrer en septembre, sans contrat. Et patatras.

La semaine dernière, la présidence de l’université décide d’un plein-temps. La commission scientifique tranche... par tirage au sort. Françoise reste sur le carreau. En remplacement, l’université lui propose des vacations. Payées en mars.

Sur le Web : Lire sur Midi Libre

Carcassonne. Le prof vacataire réclame son dû

lundi 27 juin 2011

[La Dépêche | 22/06/2011 | D.B.]

Dans une précédente édition nous relations la galère de Francis Campana, ce cadre au chômage, engagé par l’IUT de Perpignan pour donner 20 heures de cours à Carcassonne en octobre 2010. Depuis, il se bat pour se faire payer cette prestation, une facture qui n’a rien d’exorbitant, environ 1 000 euros brut. Le responsable de l’IUT, qui n’a par ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornait à préciser que son établissement n’est pas en droit de rémunérer des professeurs, même vacataires, au chômage, une situation que l’administration de l’IUT n’ignorait pourtant pas lors de la signature du contrat de prestation.

Malgré des lettres recommandées et de multiples interventions, la sollicitation du médiateur académique, Francis Campana n’a, à ce jour, toujours pas perçu sa rémunération. La seule avancée qu’il dit avoir obtenue, récemment, après plusieurs mois de relances, c’est une information bien sibylline du secrétariat de l’Université de Perpignan lui assurant « qu’une réponse est en cours de préparation et vous sera donnée par le médiateur académique ». (...)

Témoignage...

dimanche 15 mai 2011

Moi aussi je suis fatigué d’être contractuel dans l’académie d’Amiens en arts plastiques depuis 12 ans avec cette année.
Je viens de passer l’oral du capes mardi dernier à Tours pour la 7 ème fois, et je me suis encore planté et j’en veux au monde entier parce qu’à chaque fois à l’oral on remet en cause ma proposition de cours et le lendemain il faut faire cours comme si de rien n’était, j’ai 19.80 en notation administrative, l’inspecteur, après mon inspection a souhaité que je sois jury de bac en arts plast à l’oral, parce que j’avais de l’expérience.
C’était cette fois en 2005, et 1 semaine ensuite je retournais passer l’oral à Tours ...
Je suis souvent sur 2 établissements minimum quand c’est pas 3, pendant 7 ans je faisais environ 120 km pour aller travailler et 120 pour revenir...
Mais tout cela on s’en fiche, j’ai 38 ans et qu’ai- je fait de ma vie... Rien, la blaze...

Appel à témoins Jeunes précaires diplômés

vendredi 8 avril 2011

Je suis journaliste pour le magazine « Sept à huit » diffusé chaque dimanche sur TF1 et je prépare un reportage sur les jeunes diplômés précaires qui, après de longues recherches, se voient obligés d’accepter un emploi bien en-deçà de leurs qualifications faute de mieux.

Je cherche à faire le portrait de 2 ou 3 représentants de cette génération précaire, les suivre dans leur quotidien afin de comprendre leur parcours et leurs difficultés.

Si êtes vous même concernés ou si vous connaissez des gens concernés par cette situation, n’hésitez pas à faire tourner cet appel à témoins autour de vous !

Je suis joignable pour toute question par mail : ma.brucker oPo elephant-cie.com

Merci de votre aide.

Marie-Alix Brucker

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