A l’Université de Nantes, les postes sont gelés... rien à voir avec l’hiver

mardi 26 février 2013
par  antonin
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L’Université de Nantes va geler 76 postes, 50 d’enseignants-chercheurs et 26 d’administratifs, pour l’année 2013. La raison : un budget en déficit qui se répercute sur une baisse de la masse salariale pour compenser. Cette université n’est pas isolée loin de là dans ces mesures difficiles et d’autres sont contraintes aux mêmes choix salutaires pour éviter la mise sous tutelle par leur recteur.

Ci-dessous, le courriel du président de l’Université de Nantes annonce les difficultés budgétaires et les mesures adoptées sur la masse salariale pour palier au déficit de 2013.

Cher(e)s collègues,

Je vous informe qu’aujourd’hui, lundi 21 janvier, le Conseil d’Administration de l’Université de Nantes a adopté le budget prévisionnel 2013, avec 22 voix pour, 8 voix contre et 1 abstention.

Depuis plusieurs mois nous nous sommes engagés très fortement avec l’ensemble de mon équipe pour alerter le gouvernement sur notre situation. Certes, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a reconnu que nos problèmes étaient bien structurels, c’est-à-dire liés à un calcul de la masse salariale clairement défavorable à l’Université de Nantes depuis le passage aux Responsabilités et Compétence Élargies. Néanmoins, et malgré le travail de lobbying intense que nous avons mené au plus haut niveau de l’État, je déplore que nous n’ayons pas été suffisamment entendus.

Même si la dotation prévisionnelle de l’État est en hausse de 4,4 millions d’euros par rapport à la dotation 2012, cette dernière ne couvre pas les augmentations mécaniques de la masse salariale liées à la hausse du GVT (+1,5 millions d’euros en 2013) et du CAS Pension (+ 5,2 millions d’euros en 2013), augmentations sur lesquelles nous n’avons aucune prise.

Aujourd’hui, j’ai toutefois demandé au Conseil d’Administration d’adopter ce budget pour une raison principale : nous devons garder la main sur notre destin en évitant que notre établissement ne passe sous tutelle, ce qui serait arrivé si nous n’avions pas voté ce budget avant le 1er mars. Il est essentiel que nous gardions la capacité à déployer notre propre stratégie et notre propre projet. Je reste néanmoins persuadé qu’il est nécessaire que l’État assume ses missions en couvrant, a minima ,des augmentations de masse salariale qui ne nous incombent pas.

Malgré les nombreux efforts réalisés par notre université depuis plus d’un an, nous allons donc être contraints de mettre en œuvre un plan de retour à l’équilibre budgétaire prévu pour 2015. Parmi ces mesures, 50 postes d’enseignants-chercheurs ou enseignants seront gelés à partir de septembre 2013, c’est-à-dire que les postes libérés après des départs en retraite ou des mutations ne seront pas pourvus. Par ailleurs, 26 contrats de personnels administratifs ne seront pas renouvelés. Ces mesures ne seront pas prises unilatéralement. Elles seront le fruit d’une concertation avec les composantes, les laboratoires et les partenaires sociaux.

J’ai conscience du travail que nous avons déjà collectivement accompli. Nous ne méritons clairement pas de supporter les difficultés budgétaires de l’État. Malgré cela, nous devons garder tout notre dynamisme et notre combativité autour de nos missions, enseignement et recherche. J’ai confiance dans la capacité de notre établissement à passer ce cap en restant soudé et je compte bien continuer à porter fortement notre action auprès de nos autorités de tutelle afin que notre voix soit entendue.

Sincères salutations.

Olivier Laboux,
Président de l’Université de Nantes



Commentaires

dimanche 4 mai 2014 à 22h47

Y’a pas qu’à Nantes ce probleme mais dans d’autres grandes ville.

Lucien de rachat de credit endettement

Logo de Stephane
samedi 21 septembre 2013 à 23h42 - par  Stephane

Compréhensible et cohérent, ce point de vue m’a paru franchement pertinent. Stéphane qui entretient ce comparatif banque en ligne.

Logo de Condorcet.
lundi 4 mars 2013 à 01h42 - par  Condorcet.

Autrement dit, ce budget est insuffisant pour couvrir les besoins de l’université mais il faut le voter quand même, sous peine de ne pouvoir voter le prochain (qui, n’en doutons pas, sera tout aussi insuffisant). Et, cerise sur le gâteau, il faut sauver les apparences en assurant les missions avec moins de moyens mais autant d’efficacité. L’Etat se rangerait-il aux rengaines du MEDEF à moins qu’il ne compte éteindre une à une les ressources de la France ? (car, sans recherche publique forte, il est douteux que la recherche privée pallierait le fossé ainsi créé).

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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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