Les jeunes chercheurs étrangers en France

Enquête et rapport de Conférence des Jeunes Chercheurs
lundi 15 octobre 2012
par  antonin
3 votes

Enquête sur les jeunes chercheurs étrangers en France : des résultats alarmants

La CJC a lancé en mai 2010 un nouveau sondage pour évaluer, 4 ans après le premier sondage réalisé, les évolutions de la situation des jeunes chercheurs de nationalité étrangère en France. Plus de 1300 doctorants étrangers ont répondu, en révélant une réalité de terrain souvent désastreuse à de multiples niveaux, au premier rang desquels l’accueil administratif. La CJC a donc accompagné la publication des résultats de ce sondage par des documents d’analyses et de propositions, ainsi qu’un document d’information complet sur la carte de séjour mention "scientifique-chercheur".

Communiqué de presse de la CJC - Enquête sur les jeunes chercheurs étrangers en France : des résultats alarmants

26 septembre 2012

41% des jeunes chercheurs exerçant leur activité en France sont étrangers. Leur rôle dans la production scientifique de notre pays est crucial et a un impact majeur sur la qualité de la recherche française.

La Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) a salué le retrait en mai dernier de la « circulaire Guéant » qui avait contribué à accroître les difficultés rencontrées par ces chercheurs. Ce retrait ne doit cependant pas occulter une réalité de terrain souvent désastreuse à de multiples niveaux.

Une population négligée
Les jeunes chercheurs de nationalité étrangère venus travailler en France sur un projet de recherche sont confrontés à des situations problématiques en matière d’accueil, de titre de séjour, et sont victimes de discriminations en matière de contrat de travail, de logement et de droits sociaux.

Face à la difficulté d’avoir accès à des informations institutionnelles sur cette population, la CJC a mené une enquête en 2006 suivie d’une seconde en 2010, quatre ans après l’extension de l’accès au titre de séjour scientifique aux doctorants.

Des constats alarmants
Les résultats de cette dernière enquête à laquelle plus de 1300 doctorants étrangers ont répondu, révèlent que 44 % des doctorants étrangers n’ont pas de contrat de travail (9 % rémunérés illégalement par des libéralités provenant d’organismes français), 59 % ont une carte de séjour inadaptée, et près d’un quart n’ont pas de carte Vitale. Alors que 80 % trouvent l’accueil dans leur équipe de recherche bon ou excellent, 56 % estiment leur accueil administratif à l’ambassade ou à la préfecture médiocre ou mauvais.

Ces quelques chiffres associés aux témoignages tirés de notre enquête révèlent une population fragile, ce qui nuit à l’image et à l’attractivité de la recherche en France.

Des solutions simples et justes
Aujourd’hui, la CJC propose des solutions4 : la mise en place de cartes de séjour adéquates tant par leur durée que par leur type5, la simplification des procédures par l’e-administration et l’amélioration de la contractualisation des jeunes chercheurs, dont une politique active de suppression des libéralités... Elle demande aussi la mise en place de supports d’information appropriés, comme nous le proposons aujourd’hui avec une synthèse complète sur la carte de séjour mention « scientifique-chercheur ».

La réflexion actuellement menée dans le cadre des Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est l’occasion d’apporter des améliorations concrètes aux problèmes soulevés par cette enquête.

Contact presse : presse cjc.jeunes-chercheurs.org (06 43 86 64 08)
Contact présidence de la CJC : presidence cjc.jeunes-chercheurs.org (06 51 91 81 20)


Des propositions concrètes pour améliorer l’attractivité scientifique de la France

Pour chaque situation problématique constatée, la Confédération des Jeunes Chercheurs fait ses propositions dans le document suivant : Vers l’amélioration de la situation des jeunes chercheurs étrangers en France - Analyse et recommandations.

En ce qui concerne l’accueil administratif par les ambassades, les préfectures et les établissements d’accueil, la CJC fait ses recommandations dans les pages 19 à 25 du document : L’accueil administratif des jeunes chercheurs étrangers en France. En particulier, pages 22 à 25, plusieurs pistes d’évolution du Code du travail et du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile sont données.

Face au déficit de communication sur la carte de séjour mention "scientifique-chercheur", la CJC agit en proposant un document d’information complet et à jour : Carte de séjour temporaire mention « scientifique-chercheur » - Éléments juridiques. Ce document est en cours de traduction en anglais.

Rapports de 2012 sur la situation des jeunes chercheurs étrangers en France :


Lire la page complète de la CJC

Note PAPERA : Consulter et signer la pétition ""Internationaliser l’enseignement supérieur français" : oui mais comment sans visas ?"

Des visas pour les étudiants et chercheurs africains invités par les universités françaises
Malgré ce qu’avait pu laisser espérer l’alternance politique et l’annulation de la circulaire Guéant, cette rentrée universitaire n’aura finalement pas été différente des cinq dernières : des étudiants africains acceptés dans des formations de haut niveau (Master 2) sont bloqués par des consulats français pour des raisons qui ne sont jamais communiquées. (lire et signer...)



Commentaires

Logo de doctorante étrangère
mercredi 30 janvier 2013 à 12h26 - par  doctorante étrangère

il y a eu une pétition publiée sur ce même site qui vient soutenir les propositions faites par la CJC (Assises de l’ESR dec., 2012) pour le Projet de Loi en cours : entre autre, généralisation de la carte de séjour "scientifique - chercheur" pour tous les doctorants (cette carte est admise pour l’inscription à l’ANPE).
La pétition vise aussi à inclure la carte de séjour "étudiant" dans la liste des pièces acceptées à l’inscription à l’ANPE (pour égaliser avec tous les autres étudiants qui peuvent s’inscrire selon l’article R5411-9 du Code du Travail)

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Brèves

Salaire des vacataires de l’Université Paul Sabatier : ça s’arrange

samedi 25 mars

La situation semble s’arranger pour près de 600 vacataires du département des Langues vivantes et gestion (rattaché à la faculté des sciences et de l’ingénierie) de l’université Toulouse 3 Paul Sabatier, qui attendent d’être rémunérés pour le premier semestre. « Le paiement pour les 600 vacataires doit être effectif fin mars, nous a-t-on assurés à la vice-présidence de l’université, a expliqué Julie, vacataire et porte-parole. Ça doit nous être confirmé par communiqué et on espère aussi que ce sera moins compliqué pour payer le deuxième semestre. » [...] La porte-parole de ce mouvement de contestation, qui se félicite des avancées sur ce dossier par l’université Paul Sabatier, veut porter la discussion plus loin. « On demande en effet, explique Julie, des efforts sur le système de paie, peut-être faut-il aussi revoir la fréquence de paiement des vacataires, parce qu’être payé tous les six mois, c’est difficile pour beaucoup. Il est aussi peut-être temps de requalifier le métier de vacataire. J’ai bon espoir de voir les lignes bouger ». par Gérald Camier, La Dépêche, 23/03/2017

600 enseignants-vacataires de l’université Paul Sabatier attendent d’être payés

lundi 20 mars

Environ 600 vacataires de l’Université Toulouse III Paul Sabatier, soit des enseignants non titulaires, attendent toujours le versement de leur salaire pour le premier semestre qui devait intervenir en janvier dernier. La plupart des vacataires sont de nationalité anglaise, espagnole, allemande et doivent obligatoirement avoir un autre emploi à côté de l’université pour compléter leurs revenus.

L’université, dont le service des ressources humaines invoque un bug informatique sur le nouveau logiciel de paie, indique que le retard serait « de deux à trois mois » selon les cas, « voire six mois », selon une vacataire. Pour Jean-Pierre Vinel, le président de l’université, « il n’a jamais été question de ne pas payer les vacataires, c’est juste une question de retard de paiement ».

[La Dépêche, par Gérald Camier, 17/03/2017]

Sur le Web : Lire sur ladepeche.fr

C. Villani : "on arrive à se sentir étouffé"

dimanche 5 février

[Interview de C. Villani, The Conversation, 30/01/2017]
Revenons en France avec une question beaucoup plus terre à terre : un jeune docteur en mathématique qui vient d’enchaîner un ou deux postdoc à l’étranger décroche un poste de chargé de recherche ou de maître de conférence. Il débute alors sa carrière avec un salaire de 1 800 euros net par mois. Comment qualifier cette situation et comment l’améliorer pour créer des vocations ?

C.V. : Malgré ce salaire peu reluisant, le statut du CNRS reste attractif pour sa grande liberté. Si l’on veut garder son attrait à la profession, il est important de travailler sur le reste : en premier lieu, limiter les règles, les contraintes, les rapports. Je donnerai un exemple parmi quantité : le CNRS vient de décider qu’il refuse tout remboursement des missions effectuées dans un contexte d’économie partagée : pas de remboursement de logement Airbnb, ni de trajet BlaBlaCar… De petites contraintes en petites contraintes, on arrive à se sentir étouffé. Le simple sentiment d’être respecté et de ne pas avoir à lutter pour son budget, par ailleurs, pourra jouer beaucoup. Par ailleurs, il est certain qu’une revalorisation salariale ou d’autres avantages pour les débuts de carrière seront bienvenus.

Les universités vont continuer à geler des postes en 2017

lundi 28 novembre 2016

La crise budgétaire des universités françaises continue depuis leur passage à l’ "autonomie" avec comme conséquence directe l’utilisation de la masse comme variable d’ajustement. Comment diminuer la masse salarial ? Embaucher des contractuels au lieu de titulaires, demander et ne pas payer des heures supplémentaires aux enseignants-chercheurs titulaires, supprimer des postes d’ATER et des contrats doctoraux ou encore geler des postes. Mais que signifie "geler des postes" ? Il s’agit de ne pas ouvrir à candidature des postes de titulaires ouverts par le ministères. Depuis 2009, 11.000 postes ont été gelés dans les universités dont 1200 les cinq dernières années. En 2017, ce processus continuera dans de nombreuses universités : Paris 1, Toulouse Paul Sabatier, Reims, Paris-Est Créteil, Dijon, Orléans, Brest, Paris 8, Bordeaux 3, Artois, Bretagne-Sud, Lyon 3, Limoges, Pau, Paris-Est Marne-la-Vallée.

New Analysis of Employment Outcomes for Ph.D.s in Canada

Thursday 5 February 2015

An analysis of where Canada’s Ph.D.-holders are employed finds that just 18.6 percent are employed as full-time university professors. The analysis from the Conference Board of Canada finds that nearly 40 percent of Ph.D.s are employed in higher education in some capacity, but many are in temporary or transitional positions. The other three-fifths are employed in diverse careers in industry, government and non-governmental organizations: “Indeed, employment in diverse, non-academic careers is the norm, not the exception, for Ph.D.s in Canada.” - Inside Higher Edu, January 8, 2015

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